Résumé

Samuel-Henry Berthoud El-Ihoudi [Le Khalifa] : Études de moeurs algériennes… (1847)

La sbaia écoutait la voix de Gaston sans comprendre le sens des paroles qu'il disait. Brisée par la douleur et pourtant résignée, elle subissait son sort avec la morne abnégation du musulman condamné par le cadi aux tortures du bâton et qui s'efforce de se relever sur ses pieds sanglants pour aller baiser le turban du juge qui l'a condamné. Des larmes néanmoins ruisselèrent sur ses joues pâles et glacées lorsque le colonel la pressa une dernière fois dans ses bras et s'arracha, non sans efforts, à ses étreintes.
Source : Gallica

Samuel-Henry Berthoud El-Ihoudi [Le Khalifa] : Études de moeurs algériennes… (1847)

Plus le général pensait à ce que lui devait M. d'Outrepont, plus la dette grossissait et foisonnait à ses yeux. Le colonel lui devait, pour le moins, l'avenir de sa carrière militaire, ses épaulettes de maréchal-de-camp, et une gloire nouvelle qui ravivait celle de sa jeunesse. Et puis ce mariage malencontreux, rompu à la veille de se conclure! Une folie d'adolescent épargnée à un personnage mûr, à un homme politique! Jamais le colonel ne pourra s'acquitter envers l'ami dévoué qui lui vaut tout cela!
Source : Gallica

Samuel-Henry Berthoud El-Ihoudi [Le Khalifa] : Études de moeurs algériennes… (1847)

La passion orientale n'a point de ces élans sublimes, de ces abnégations qui comptent pour rien les plus grands sacrifices, et qui s'immolent avec joie, heureuses et fières de leurs tortures. La sbaia aimait de toutes les forces de sa nature, et ne comprenait de l'amour que son bonheur et ses enivrements. Elle appartenait à Gaston comme Ambor lui appartenait à elle ; elle était son esclave, sa sbaia, son chien. Elle ne vivait que par lui et pour lui.
Source : Gallica

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