Marcelin Berthelot

Résumé

Marcelin Berthelot Revue des Deux Mondes

De cette façon, l’acceptation des réformes résulterait du libre consentement de la majorité des écrivains, des philologues, des éditeurs et des imprimeurs.
C’est ce que l’on pourrait appeler, jusqu’à un certain point, la méthode naturelle. En un mot attendra-t-on que l’évolution de la langue s’accomplisse, en quelque sorte, d’une façon physiologique, par le cours spontané et historique des choses, ainsi qu’elle a eu lieu jusqu’au XVIe siècle ?
Ou bien, faut-il recourir à des procédés plus rapides, en appliquant d’autorité chaque réforme, dès qu’elle a été jugée logique ?
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Marcelin Berthelot Revue des Deux Mondes

Quoi qu’il en soit, il serait évidemment commode d’établir une conformité ; aussi exacte que possible entre la langue apprise par l’oreille et la langue enseignée par les yeux.
Dans une langue idéale, on conçoit que tout mot devrait posséder une signification unique, répondant à un même son ou ensemble de sons, et représenté par une orthographe unique. Malheureusement, cet état idéal n’a jamais existé pour aucune langue, malgré les efforts des grammairiens. En ce qui touche la prononciation en particulier, l’histoire nous apprend qu’elle varie pour un même mot dans le temps et dans l’espace.
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Marcelin Berthelot Revue des Deux Mondes

IV. — APPLICATION DES RÉFORMES Toute œuvre des hommes est susceptible de changemens, nécessaires en principe, inévitables en fait, et qui peuvent s’accomplir, soit en vertu d’une sorte de maturation spontanée, comme dans la vie des plantes et des animaux ; soit par une réforme provoquée : réforme graduelle ou réforme subite, d’un caractère en quelque sorte révolutionnaire. Quelle de ces méthodes d’application conviendrait-il de suivre, pour la transformation de la langue française, et celle de l’orthographe en particulier ? C’est ce qu’il importe d’examiner.
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