Résumé

Michel Bréal La Réforme de l’orthographe française

Il n’est sorte de méfaits qu’il ne soit de mode d’attribuer aujourd’hui à l’écriture. Elle est en retard sur la langue, elle déguise la vraie prononciation, elle maintient d’apparentes exceptions qui masquent la régularité des lois du langage, elle le pervertit même en substituant une uniformité de mauvais aloi à la variété et à la souplesse de la parole. Il y a sans doute quelque vérité dans ces reproches. Mais qu’est-ce que ces défauts, dont plusieurs ne sont visibles qu’à l’homme du métier, en regard des services que l’écriture rend tous les jours à la conscience linguistique de chacun ?
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Michel Bréal La Réforme de l’orthographe française

Ils ont administré l’orthographe française en bons pères de famille, dans des vues d’utilité pratique. En fait de langage, il est une loi qui primo et domine toutes les autres : la nécessité d’être clair et le devoir d’être compris. Plutôt une inconséquence qu’une obscurité ! Telle est la règle qui, dans les cas douteux, paraît avoir guidé nos pères. Ils n’ont ni l’envie de faire vivre un passé mort, ni le désir de l’effacer à tout prix. Ils ont voulu façonner un instrument, et non produire un travail scientifique, ni mettre au jour une œuvre d’art.
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Michel Bréal La Réforme de l’orthographe française

Une telle manière de procéder est bien éloignée de celle de nos réformateurs. Mais s’il est une vérité qui ressort de ce qui précède et qu’enseigne l’expérience du passé, c’est qu’il est impossible de se tenir à un principe exclusif et unique. Comme ces organes du corps humain qui doivent répondre simultanément à plusieurs fins, l’orthographe est obligée de remplir des conditions diverses, simplicité, clarté, élégance, fidélité à l’usage. On voit d’époque en époque reparaître cet axiome, que l’écriture doit être l’image de la parole.
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