Résumé

Charles Lebaigue La Réforme orthographique et l'Académie française… (1890)

En réalité, ce qu'a voulu combattre Darmesteter, n'est nullement l'orthographe fondée sur la seule prononciation, c'est l'orthographe fondée sur la prononciation des individus. Et en effet, une orthographe, c'est-à-dire une orthodoxie dans la façon d'écrire, ne peut être qu'une règle commune à tous ; que serait une orthodoxie pour chacun? Darmesteter, je ne puis avoir là-dessus aucun doute, aurait accepté la formule phonétiste suivante, où l'étymologie n'entre pour rien :
« L'orthographe deviendra, et il est bon qu'elle devienne une notation exacte de l'orthoépie. »
Source : Gallica

Charles Lebaigue La Réforme orthographique et l'Académie française… (1890)

M. L. Havet fait donc ici comme moi et comme tout le monde : il sert deux maîtres à la fois, ou plutôt il concilie ce que les exigences de l'un et de l'autre ont de légitime. Dès lors, ce n'est plus entre nous qu'une affaire de mesure. Après avoir cédé sur un point, il demeure, à tort ou à raison, inflexible sur un autre ; mais il n'est plus enchainé par une théorie, il n'a plus le droit de soutenir qu'en matière d'orthographe l'étymologie compte pour zéro.
Source : Gallica

Charles Lebaigue La Réforme orthographique et l'Académie française… (1890)

A l'entendre, les partisans de l'orthographe « étymologique » obéissent, non à une règle, mais à une sorte d'instinct qui ne saurait trouver sa formule; de là leurs inconséquences. « Pour l'étymologie, me dit-il, et en dépit de la prononciation, vous écrivez inertie plutôt que inersie ; et, en dépit de l'étymologie, vous écrivez tilburi, foque et prudant. C'est servir deux maîtres à la fois. » Cette proposition est très vraie, et je n'y contredis pas. Mais ce qui paraît un vice à M. L. Havet, je le regarde précisément comme un mérite.
Source : Gallica

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