Marion Gilbert

Marion Gilbert

Résumé

Portrait de Marion Gilbert Marion Gilbert,  L'ornière : roman (1935)

“ Ainsi, voilà où elles en étaient, les dames de Réaumont! A cette honte-là. Voilà où elle, Reine, la plus jeune, la plus forte et la mieux armée, avait permis qu'on glissât. Car tout était de sa faute. Elle avait accepté cette vie paresseuse, consacrée à sa mère, mais aussi au culte de leur grandeur passée. Quand on veut rester les « dames du château », il faut de l'argent, et pour avoir de l'argent il faut le gagner. Eh bien! elle allait s'y mettre, elle, Reine Almin de la Mazure, et apporter toute sa volonté à gagner de l'argent. ”
Source : Gallica

Portrait de Marion Gilbert Marion Gilbert,  L'ornière : roman (1935)

“ Faire un homme comme elle voulait qu'il soit, sans autre influence, — car ce serait un garçon, — cela valait un sacrifice.
Seulement, elle ne se reconnaissait pas le droit de sacrifier sa mère. Et là aboutissait la seconde,
comme la première solution. D'ailleurs, il y a dans la mort cherchée (à côté du courage réel qu'il y faut, et qu'elle sentait en elle) un élan de lâcheté qui lui déplaisait. Reculer, fuir, cela n'allait pas à Reine Almin de la Mazure. Seul, le mariage satisferait sa mère; elle osait penser : seul, le mariage ne la tuerait pas.
”
Source : Gallica

Portrait de Marion Gilbert Marion Gilbert,  L'ornière : roman (1935)

“ Reine fit entrer sa mère en tremblant. De ce premier contact dépendait tout, et peu importait, en vérité, que la ruine menaçât Réaumont, que leur sort à toutes deux fût en jeu, elle sentait bien qu'elle n'eût point passé outre, à un regard d'antipathie, à un recul. Dieu merci, l'impression était bonne, excellente même. Seulement, autre chose est de trouver charmant un caprice réalisé avec infiniment de goût, réussie une installation d'été, ou bien de considérer la maison où l'on va vivre, où l'on mourra peut-être... Reine sentait sa gorge se sécher en songeant aux mots qu'il fallait trouver. ”
Source : Gallica

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