Résumé

Maurice Borel La Mission diplomatique du général Lannes

C’est toujours chose dangereuse pour un diplomate de menacer le gouvernement auprès duquel il est accrédité de rompre les relations avec lui ; si ce gouvernement ne cède pas, on se trouve placé dans l’alternative ou de ne pas exécuter sa menace, ou de s’interdire, en l’exécutant, tout autre mode de négociation. En tout cas, c’est un moyen extrême ; après en avoir usé, il n’en reste plus d’autre. Lannes dut en faire la pénible expérience lorsqu’il reçut la réponse, du reste pleine de mauvaise foi, du ministre des Affaires étrangères.
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Maurice Borel La Mission diplomatique du général Lannes

La question des subsides n’était pas celle qui intéressait le moins Bonaparte, fidèle à la politique révolutionnaire qui consistait à faire payer, aux vaincus ou aux alliés, un prix exorbitant pour notre clémence ou pour notre amitié. Le Portugal passait d’ailleurs pour un des États les plus riches de l’Europe ; la possession de ses colonies, surtout celle du Brésil avec les fameuses mines de diamans, avait contribué à former une sorte de légende, d’après laquelle le souverain qui régnait à Lisbonne devait disposer de trésors dignes de ceux d’un monarque asiatique.
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Maurice Borel La Mission diplomatique du général Lannes

C’est en homme de guerre et non en diplomate que Lannes envisage la situation. Son imagination le transporte sur un champ de bataille et, de même que devant un ennemi supérieur en force, il ne se décidera jamais à évacuer une position importante, de même il se refuse à céder « un pouce de terrain : » il est tellement convaincu « de la nécessité d’aller en avant » que « s’il faut battre en retraite, » il n’hésite pas à demander au Premier Consul de lui éviter le refus qu’il serait obligé de faire et d’ordonner son remplacement.
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