Résumé

Maurice Borel Revue des Deux Mondes tome 4, 1911

Les journaux parlent d’une conversation de lord Whitworth avec le Premier Consul, dans laquelle ils prétendent que le sang-froid de votre ambassadeur l’a intimidé. L’univers ligué contre la France ne lui a pas produit cet effet. Y croyez-vous, milord, à votre tour ? — Milord baisse la tête et ne répond rien ; puis il reprend : La France ne veut pas la guerre, tous les Français sont pour la paix. — Tous les Français sont pour la paix, mais ils seront pour la guerre, milord, quand l’honneur national sera compromis, et quand il faudra agir contre vous, le gouvernement ne manquera pas de soldats.
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Maurice Borel Revue des Deux Mondes tome 4, 1911

Les âmes incertaines et faibles ont une arme précieuse : l’inertie. Le Prince répond dans les mêmes termes vagues qu’il emploie d’habitude. Pourtant, il laisse échapper une question qui montre combien le pouvoir de Bonaparte paraissait encore précaire à cette époque. « Le Premier Consul est-il bien solide à sa place ? — Aussi solide, répliqua Lannes, que peut l’être le chef d’une nation qui a 600 000 hommes à ses ordres. »
C’est que la paix avec l’Angleterre, qui avait semblé consolider d’une manière durable l’autorité du Premier Consul, est, en ce moment déjà, à la veille d’être rompue.
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Maurice Borel Revue des Deux Mondes tome 4, 1911

Les émigrés expulsés, Almeida, le ministre ennemi entre tous, remplacé par un ami de la France, la colonie française remise en possession de ses anciens privilèges et de son importance commerciale ; le peuple, d’abord hostile, devenu peu à peu assez bien disposé pour applaudir aux cérémonies célébrées en l’honneur du chef de la nation française, la noblesse intimidée ou conquise, le Prince amené par degrés à la confiance et à l’intimité, enfin son gouvernement et son pays arrachés à l’alliance séculaire qui les liait à la Grande-Bretagne, voilà l’œuvre de Lannes.
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