Résumé

Portrait de Louis de Carné Louis de Carné La Monarchie de Louis XV. — II.…

Dans les rêves maternels d’Elisabeth, dans les combinaisons plus astucieuses d’Alberoni, rien n’intéressait la France et ne valait le risque que lui aurait fait alors courir une guerre contre l’Angleterre et contre l’empire réunis. Puisqu’elle ne pouvait elle-même prendre pied au-delà des Alpes, ne valait-il pas autant, et mieux peut-être, que ces magnifiques contrées tombassent sous la domination toujours abhorrée et toujours précaire des tedeschi que de repasser sous le sceptre de l’Espagne, dont les dernières ressources se fussent épuisées pour les conserver ?
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Dans les Pays-Bas, elle perdit une souveraineté que, d’après les stipulations de la barrière, l’Autriche exerça de concert avec la Hollande. En Italie, l’Espagne dut renoncer au Milanais et à ce beau royaume de Naples, éternelle tentation de l’étranger. La Sicile, érigée en royaume, resta, entre les mains du duc de Savoie, le prix d’une habileté trop voisine de la perfidie pour que le succès en pût être durable. La Sardaigne fut cédée à l’empereur, Minorque à l’Angleterre, et l’Espagne vit graver sur le rocher de Gibraltar le stigmate de sa déchéance.
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La nation n’avait-elle pas un intérêt au moins égal à celui du régent à faire avorter, par un changement radical dans le système de ses alliances, des prétentions qui n’auraient laissé subsister de l’œuvre de Louis XIV que l’apparence, puisque la monarchie française eût été subordonnée à son tour à la monarchie délabrée dont la tutelle lui avait été si onéreuse ? Le devoir de la France n’était-il pas d’ailleurs de défendre l’indépendance de sa propre politique contre les caprices d’une reine aveuglée par la tendresse et l’ambition ?
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