M. le marquis de Courcy

Résumé

M. le marquis de Courcy Revue des Deux Mondes

Messieurs, poursuit Louis XIV, en s’adressant à ses favoris, voilà le roi d’Espagne. Sa naissance l’appelait à cette couronne, ainsi que le testament du feu roi. Toute la nation le souhaitait et le demandait avec instance. Je l’ai accordé avec plaisir ; c’était l’ordre du ciel. Pour vous, monsieur, ajoute-t-il, en fixant le duc d’Anjou, soyez bon Espagnol, c’est maintenant votre premier devoir ; mais souvenez-vous que vous êtes né Français pour entretenir l’union des deux pays ; c’est le moyen de conserver la paix de l’Europe.
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M. le marquis de Courcy Revue des Deux Mondes

Cette conception grandiose, dont la brutale éclosion a provoqué les colères de l’Autriche, de l’Angleterre et de la Hollande, on avait cru, pourtant, qu’elle ne pouvait se réaliser et qu’elle ne serait jamais qu’une effrayante chimère. Philippe V n’était-il pas séparé du trône de France par son père, son frère et ses neveux ? On s’était trompé : les malheurs que le vieux monarque avait pieusement et politiquement prévus se sont presque tous réalisés. Le monstre que la chimère pouvait enfanter est sur le point de voir le jour.
S’il vient à naître, la pacification de l’Europe est impossible.
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L’œuvre laborieuse et salutaire des négociations de Londres sera détruite d’un seul coup. Le congrès se dissipera en fumée, la guerre continuera, sanglante, implacable, jusqu’à l’entier épuisement, jusqu’à l’anéantissement peut-être de la France et de l’Espagne ou de leurs ennemis. Rien ne doit être épargné pour combattre de si effroyables périls dont Louis XIV a pleinement conscience et qu’il se hâte de signaler, lui-même, à son petit-fils, en lui annonçant, de sa propre main, le douloureux événement qui met le comble à son affliction.
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