Résumé

Michel Bréal De la méthode comparative appliquée à l'étude des langues… (1864)

L'esprit grec, s'emparant des forces inactives du langage, en a varié les applications et doublé la puissance.
C'est surtout dans la syntaxe que nous pouvons surprendre les progrès que la Grèce a fait faire à la pensée humaine. La langue des Védas est énergique et concise, propre aux inversions, remplie d'images splendides et capable d'élans passionnés : c'est, en un mot, la langue de la poésie lyrique. Mais la syntaxe, c'est-à-dire cet ensemble de procédés qui permet d'unir et de subordonner les idées et les jugements, est, dans les Védas, des plus élémentaires.
Source : Gallica

Michel Bréal De la méthode comparative appliquée à l'étude des langues… (1864)

Sans créer aucun mot nouveau, les Grecs enrichissent leur langue, car c'est accroître sa fortune que d'en éloigner les causes de désordre; et ce n'est pas au nombre, mais à la valeur, et, en quelque sorte, au titre des mots, que s'estiment les ressources d'un idiome.
Le même fait s'est produit pour la grammaire : celle des Védas a une singulière variété de formes, une quantité vraiment étonnante de suffixes et de flexions. Mais ce mécanisme si compliqué ne répond pas à ce qu'on serait en droit d'en attendre, et l'on ne voit pas toujours l'utilité de ces rouages si nombreux et si bien agencés.
Source : Gallica

Michel Bréal De la méthode comparative appliquée à l'étude des langues… (1864)

Nous ne sommes pas obligés derêcourir en sanscrit, pour décomposer les mots, à une dissection violente : les diverses parties qui ont servi à les former se détachent d'ellesmêmes, et nous constatons sans peine la valeur et le rôle de chacune des pièces qui ont concouru à former l'ensemble. Ce n'est donc pas un médiocre avantage pour le philologue de consulter la langue sanscrite avant de se prononcer sur l'origine ou sur le sens des termes ou des formes en grec et en latin.
Source : Gallica

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