Résumé

Michel Bréal Mélanges de mythologie et de linguistique

Toute la syntaxe a d’abord résidé dans notre intelligence, et si plus tard des différences de forme ont plus ou moins séparé les parties du discours, c’est que le langage a fini par porter l’empreinte du travail intellectuel qu’il représente. C’est notre esprit qui anime le verbe d’une force transitive, enchaîne et subordonne les propositions, et dépouille certains mots de leur signification propre, pour les faire servir comme les articulations et comme les jointures du discours. L’unité de la proposition et de la phrase, non moins que celle du mot, est le fait de l’intelligence.
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Michel Bréal Mélanges de mythologie et de linguistique

D’un autre côté, de remarquables travaux, dont la Grammaire allemande de Grimm est le modèle le plus célèbre, montrent ce que l’étude d’une langue gagne en clarté et en charme, quand son état présent n’est pas artificiellement séparé du passé, et quand sous l’air moderne d’un idiome, notre œil apprend à discerner l’œuvre des générations disparues. Un livre comme celui que je viens de vous citer, loin d’épuiser la matière, ouvre à l’activité philologique une carrière sans bornes.
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Michel Bréal Mélanges de mythologie et de linguistique

On sait avec quelle facilité, même dans nos idiomes modernes, nous faisons prendre tour à tour à un nom l’un ou l’autre rôle. Quand notre esprit, derrière la qualité mise en relief par le langage, va chercher une personne ou une chose, nous avons un substantif mais si, s’arrêtant à la notion de la qualité, il néglige l’idée de l’objet auquel elle appartient, c’est un adjectif que nous employons.
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