Résumé

Portrait de Paul Spaak Paul Spaak À Damme en Flandre

PIERRE
Oh, je n’exige rien ! Mais je défends ta vie,
Car c’est à ta pitié que tu la sacrifies !
Notre amour est trop vrai, trop jeune, trop fervent,
Pour languir dans ta ville où plus rien n’est vivant,
Et le crime aujourd’hui c’est d’étouffer sa flamme,
Sous l’ombre de la Flandre et la ruine de Damme !
GERTRUDE
Écoute...
PIERRE, se levant,
Écoute... Ah, si la vie était possible ici,
Je te dirais : « Mentons encore, et restons-y ! »
Mais tu sais ce qu’on voit quand on ouvre ta porte !
Bruges se meurt ! L’Écluse est morte ! Damme est morte !
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Portrait de Paul Spaak Paul Spaak À Damme en Flandre

Damme et toi vous mourrez aussi...
CORNEILLE, exaspéré,
Damme et toi vous mourrez aussi... J’aurai du moins
Lutté ! J’aurai lutté pour vous, lutté pour elle ;
Et mort pour mort...
JOORIS, avec émotion,
Et mort pour mort... Mais oui ; la tienne est la plus belle !
Je le sais bien !
CORNEILLE, se remettant à marcher,
Je le sais bien ! Et puis, non, non ! Mauvais prophète
Qui me prédis la mort, même avant la défaite,
Rien n’est jamais perdu quand on a du courage !
Avec l’argent d’Anvers nous ferons le barrage
De Croxhoucke, et tu sais ce qu’on peut en attendre !
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Portrait de Paul Spaak Paul Spaak À Damme en Flandre

CORNEILLE
Comment ?...
JOORIS
Comment ?... Riche, honoré, tout-puissant... Mais tout seul !
CORNEILLE, après un moment d’hésitation.
C’est vrai ! Mais je n’ai pas rempli ma destinée
Encor ! Oui, j’ai vécu pendant bien des années
Sans m’en apercevoir. Est-ce en pleine bataille
Qu’on y songe ? Est-on seul d’ailleurs quand on travaille ?
Puis, ayant là, fidèle, et depuis mon jeune âge,
La bonne Mère-Flandre au courant du ménage,
Et la gaîté rieuse et la grâce enfantine
De Gertrude que j’ai recueillie orpheline,
Par elles deux du moins s’animait la maison.
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