Pierre L'Estoile

Résumé

Pierre L'Estoile Un scandale en province : un mari (1878)

Quel feu ! ma chère amie !... dit M. Rabutel, en souriant tristement. Voyons !.... Où en étiez-vous ?
Et, avant que la jeune femme eût eu le temps de fermer le livre, il lut, d'un regard, quelques lignes, encore humides des larmes d'Hélène :
« Nulle créature humaine ne peut commander à l'amour et nul n'est coupable pour le ressentir et pour le perdre. Ce qui avilit la femme, c'est le mensonge. Ce qui constitue l'adultère, ce n'est pas l'heure qu'elle accorde à son amant, c'est la nuit qu'elle va passer ensuite dans les bras de son mari. »
Source : Gallica

Pierre L'Estoile Un scandale en province : un mari (1878)

Il ne songeait plus à tuer Villenoy. A quoi bon ?
Madame Rabutel aimait l'officier ; et le tuer, c'était en faire un martyr aux yeux de la jeune femme, c'était se fermer à tout jamais le coeur d'Hélène. Une femme peut oublier l'homme qu'elle a aimé, tant qu'il vit : il suffit qu'il joue, un seul jour, un rôle ridicule. Elle peut l'oublier, s'il meurt : il suffit qu'elle rencontre un autre homme que le monde tienne pour supérieur au premier. Mais elle n'oubliera jamais l'amant tué à cause d'elle
Source : Gallica

Pierre L'Estoile Un scandale en province : un mari (1878)

Oui, continua Guy, vous avez raison. Notre conduite est odieuse, et certes, si nous ne nous aimions pas tant...
Le jeune homme n'osa achever.
– Eh bien ? demanda madame de Labassère, dont les larmes s'étaient taries comme par enchantement.
– Eh bien ! reprit courageusement le capitaine, je me demande parfois s'il ne serait pas plus honnête de nous quitter...
Nous quitter ! s'écria la jeune femme en saisissant l'officier par le bras. Nous quitter ! Voilà bien les hommes !... Les plus braves sont lâches dans les combats de la vie !... Est-ce qu'on se quitte ?...
Source : Gallica

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