Princesse Bibesco

Résumé

Princesse Bibesco Revue des Deux Mondes

Ce qu’Emilie aimait à contempler, c’étaient ces nuances frémissantes des émotions anciennes qu’un mot fait renaître, sans s’occuper de savoir si le temps et la distance transformaient, en les colorant, ces vagues de souvenirs.
L’écho de la vie peut être trompeur, mais il charme. Nous l’écoutons avec délice. Alors que ceux qui n’appellent pas d’écho passent de la surdité dans la mort sans avoir rien entendu.
J’ai fait parler ma belle-mère aussi longtemps qu’elle a été là pour me répondre. La princesse Georges Bibesco avait déjà franchi le seuil de la vieillesse quand je me mariai.
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Princesse Bibesco Revue des Deux Mondes

Le peuple seul a des entrailles, disait Napoléon, en entendant, du jardin de l’Élysée, les acclamations de la foule persistant dans sa fidélité après la défaite, quand tous les dignitaires avaient déjà abandonné l’Empereur. Cet amour des humbles, inspiré à l’origine par Denis, cette affection pour les domestiques, si naturelle aux enfants qui se consolent avec les inférieurs de l’état d’infériorité où les met leur âge, ne s’effaça pas chez Emilie avec les années.
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Parlant de sa première entrevue avec la pauvre Thérésia, Emilie retrouve d’instinct l’accent des sévérités paternelles. Il faut dire qu’elle ne l’a connue qu’à l’état de matrone espagnole « d’un énorme embonpoint, » dit-elle, « d’un manque presque complet de distinction... » Elle s’étonne naïvement que la princesse de Chimay n’ait pas la beauté de son fils. Mais n’est-ce pas lui qui a pris la beauté de sa mère ?
Toutes les femmes meurent dans leur jeunesse, une première fois.
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