Résumé

Portrait de René Doumic René Doumic Revue dramatique - Le Théâtre brutal

Il y a, comme toujours au théâtre, des scènes, des discussions, des explications, des reproches, des menaces, des récriminations. C’est alors un déchaînement d’invectives, un chassé-croisé d’injures qui se répondent et s’apparient, un déballage d’horreurs. Chacun se déleste de tout ce qu’il avait sur le cœur, déverse, en un torrent fangeux, tout ce qu’il sait, tout ce qu’il imagine. À ces momens, on croit voir, réellement et matériellement, couler sur la scène un fleuve de boue. Des insultes on en vient aux coups. Les hommes se prennent à la gorge.
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Il n’est pas exact que la littérature, à chaque instant de sa durée, soit imprégnée, dans toutes ses manifestations, d’un même esprit et que cet esprit soit, suivant un mot fameux, l’expression de la société. Là, comme dans tout ce qui est vivant, la loi est celle de la diversité. Les genres ne sont pas de pures abstractions, et en passant de l’un à l’autre on a parfois l’impression qu’on change de pays. Chacun d’eux a son développement dans l’intérieur de ses frontières. Le mal que nous analysons est propre au théâtre.
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En d’autres termes, il y a dans l’amour l’instinct du sexe, et ce que l’imagination et la sensibilité y ont ajouté et accumulé à travers les siècles, pour le transformer en un sentiment. Notre théâtre découronne, dépoétise, déshumanise cet amour, pour n’y plus laisser subsister que l’instinct bestial. C’est cet instinct, c’est son exigence, non pas seulement qui fait convoiter à l’amant sa maîtresse, mais qui pousse la jeune fille vers son fiancé et désormais rend la femme incapable de se passer de son mari.
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