Résumé

Portrait de René Doumic René Doumic Revue dramatique Le théâtre de Jules Lemaître

Maintenant qu’il se sait, lui aussi, faillible, ce mari, si malhabile à pardonner, va s’ouvrir à la pitié véritable : tous les obstacles au pardon vont disparaître comme par enchantement. « C’est maintenant que l’oubli est devenu possible. Ce n’est pas joli, va, le cœur d’un homme... Je n’ai plus le droit, à présent, d’être orgueilleux et dur avec toi. Nous sommes quittes. » Jules Lemaître tient que le seul pardon humainement possible s’explique non par la supériorité morale de quelques-uns, mais par l’égalité de tous dans la faiblesse.
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A l’époque romantique, le théâtre exaltait la femme adultère ; puis, par réaction, il l’a abattue comme une bête malfaisante ; enfin, les mœurs s’adoucissant, il lui a pardonné. Mais pardonner, le peut-on, si même on le souhaite, et quand même on le devrait ? Le pardon véritable, non du bout des lèvres mais du fond du cœur, n’est-il pas au-dessus des forces humaines ? Voici un homme que sa femme a trompé. Une amie s’entremet, rapproche les deux époux. La vie commune recommence et, le plus loyalement du monde, le mari, qui a « pardonné, » s’efforce de la rendre possible.
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A côté de cette satire du rigorisme, il y a, dans l’Ainée, l’aînée, l’étude la plus poussée, la figure la plus touchante et la plus vraie qu’on doive à Jules Lemaître. Lia est la sœur aînée, celle dont le droit d’aînesse consiste à se dévouer et se sacrifier pour toute la famille. Pour les autres toutes les complaisances, à elle tous les devoirs, tous les héroïsmes : n’est-elle pas la raison même ? Nul ne s’avise que cette personne si raisonnable ait un cœur, elle aussi, et qu’elle puisse souffrir dans ce cœur meurtri.
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