Résumé

Portrait de Salluste Salluste Lettres de C. C. Salluste à C. César

Mais, certes, le plus grand bien que tu puisses procurer à la patrie, aux citoyens, à toi même, à nos enfants, en un mot, à tout le genre humain, ce sera de détruire, ou au moins d’affaiblir autant que possible l’amour de l’argent ; autrement, il n’y a pas moyen de gouverner ni les affaires privées, ni les affaires publiques, ni le dedans, ni le dehors. Car, la où la passion des richesses a pénétré, la discipline et les mœurs disparaissent ; l’esprit perd sa vigueur ; l’âme elle-même, un peu plus tôt, un peu plus tard, finit par succomber.
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Si la jeunesse conserve les mêmes goûts, les mêmes mœurs, prends garde que ta gloire, si brillante et si pure, ne périsse bientôt avec Rome. Enfin les hommes sages ne se résignent au travail qu’en vue du repos, ne font la guerre que pour avoir la paix. Si tu n’assures la nôtre, qu’importe que tu aies été vainqueur ou vaincu ?
Ainsi donc, au nom des dieux, prends en main la république, et surmonte avec ton habileté ordinaire tous les obstacles ; car toi seul peux remédier à nos maux, ou il est inutile que personne le tente.
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Le moindre citoyen, dans les champs ou à l’armée, assuré d’avoir toujours l’honnête nécessaire, se suffisait à lui-même et à la patrie. Mais lorsque, peu à peu chassés de leur patrimoine, ceux-ci furent réduits par la misère et la fainéantise à n’avoir plus d’établissement fixe, ils commencèrent à dépendre de la fortune d’autrui, à trafiquer de la liberté et de la république. Ainsi le peuple, qui était souverain et qui commandait à toutes les nations, s’est insensiblement désorganisé, et chacun a échangé la part qu’il avait dans l’autorité commune contre sa servitude privée.
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