Sophie-Victoire-Alexandrine de Girardin Vassy

Résumé

Sophie-Victoire-Alexandrine de Girardin Vassy Lettres sur les ouvrages et le caractère de J.-J. Rousseau… (1789)

Quel triste orgueil , que celui qui le portoit à penser qu'il n'existoit pas fur la terre un être qui ne ressentît de la haine pour lui! Ah! pourquoi n'at-il pas rencontré une ame tendre, qui eût mis tous ses soins à le rassurer , à relever son courage abattu ; qui l'eût aimé profondément ? il eût fini par se croire : le sentiment auquel l'amourpropre ni l'intérêt ne se mêlent point, est si pur, si tendre & si vrai, que chaque mot le prouve; chaque mouvement ne permet plus d'en douter.
Source : Gallica

Sophie-Victoire-Alexandrine de Girardin Vassy Lettres sur les ouvrages et le caractère de J.-J. Rousseau… (1789)

Rousseau n'étoit pas fou, mais une faculté de lui-même, l'imagination, étoit en démence; il avoit une grande puissance de raison sur les matières abstraites, fur les objets qui n'ont de réalité que dans la pensée, & une extravagance absolue sur tous ceux dont la mesure est prise au dehors de nous; il avoit de tout une trop grande dose; à force d'être supérieur, il étoit près d'être fou. C'étoit un homme fait pour vivre dans la retraite avec un petit nombre de personnes d'un esprit borné, afin que rien n'ajoutât à son agitation intérieure, & qu'il fût environné de calme.
Source : Gallica

Sophie-Victoire-Alexandrine de Girardin Vassy Lettres sur les ouvrages et le caractère de J.-J. Rousseau… (1789)

On commence par penser sur tout, on parcourt tous les objets, avant de s'affujettir à un plan , avant de fuivre
une route : dans la jeunesse les idées viennent en foule: on a peut-être dès-lors toutes celles qu'on aura; mais elles font encore confuses: on les met en ordre enfuite, & leur nombre augmente aux yeux des autres ; on les domine, on les soumet à la raison, & leur puissance devient en effet plus grande.
Source : Gallica

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