Théodore Agrippa d’Aubigné

Théodore Agrippa d’Aubigné

Résumé

Portrait de Théodore Agrippa d’Aubigné Théodore Agrippa d’Aubigné Les tragiques. Tome 1 (1896)

Enfants de ma douleur, du haut du ciel l'ire esmeuë, Pour me vouloir tuer, premierement vous tuë ; Vous languissez, et lors le plus doux de mon bien Va soulant de plaisir ceux qui ne valent rien. Or, attendant le temps que le ciel se retire, Ou que le Dieu du ciel destourne ailleurs son ire, Pour vous faire gouster de ses douceurs après, Cachez-vous soubs ma robbe en mes noires forests, Et, au fond du malheur, que chacun de vous entre Par deux fois, mes enfants, dans l'obscur de mon ventre. Les faineants ingrats font brusler vos labeurs, Vos seins sentent la faim et vos fronts les sueurs.
Source : Gallica

Portrait de Théodore Agrippa d’Aubigné Théodore Agrippa d’Aubigné Les tragiques. Tome 1 (1896)

« Ils ont pour un spectacle et pour jeu le martyre; Le meschant rit plus haut que le bon n'y souspire ; Nos cris mortels n'i font qu'incommoder leurs ris, Les ris de qui l'esclat oste l'air à nos cris.
« Ils crachent vers la lune, et les voutes celestes N'ont-elles plus de foudre et de feux et de pestes? Ne partiront jamais du throsne où tu te sieds Et la Mort et l'Enfer qui dorment à tes pieds ?
« Leve ton bras de fer, haste tes pieds de laine ; Venge ta patience en l'aigreur de ta peine : Frappe du ciel Babel : les cornes de son front Deffigurent la terre et luy ostent son rond. »
Source : Gallica

Portrait de Théodore Agrippa d’Aubigné Théodore Agrippa d’Aubigné Les tragiques. Tome 1 (1896)

L'enfant qu'on desbandoit autre-fois pour sa vie Se desveloppe icy par les barbares doigts Qui s'en vont destacher de nature les loix ; La mere deffaisant, pitoyable et farousche, Les liens de pitié avec ceux de sa couche, Les entrailles d'amour, les filets de son flanc, Les intestins bruslants par les tressauts du sang, Les sens, l'humanité, le coeur esmeu qui tremble Tout cela se destord et se desmesle ensemble. L'enfant, qui pense encor aller tirer en vain Les peaux de la mammelle, a les yeux sur la main Qui deffaict les cimois
Source : Gallica

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