Théodore Agrippa d’Aubigné,
Les tragiques. Tome 1
(1896)
“ Enfants de ma douleur, du haut du ciel l'ire esmeuë, Pour me vouloir tuer, premierement vous tuë ; Vous languissez, et lors le plus doux de mon bien Va soulant de plaisir ceux qui ne valent rien. Or, attendant le temps que le ciel se retire, Ou que le Dieu du ciel destourne ailleurs son ire, Pour vous faire gouster de ses douceurs après, Cachez-vous soubs ma robbe en mes noires forests, Et, au fond du malheur, que chacun de vous entre Par deux fois, mes enfants, dans l'obscur de mon ventre. Les faineants ingrats font brusler vos labeurs, Vos seins sentent la faim et vos fronts les sueurs. ”
