Ludovic Lalanne

Résumé

Ludovic Lalanne Les tragiques (Nouvelle édition… (1857)

Le soleil radieux N'est qu'une noire nuict au regard de ses yeux.
Les morts ressuscitent Et sortent de la mort comme l'on sort d'un songe.
Tout se dresse contre les persécuteurs, tout, jusqu'aux éléments.
« Pourquoy (dira le feu) avez-vous de mes feux, Qui n'estoient ordonnez qu'à l'usage de vie, Faict des bourreaux, valets de vostre tyrannie ? »
L'air encor une fois contr'eux se troublera, Justice au juge sainct, trouble, demandera, Disant : « Pourquoy, tyrans et furieuses bestes, M'empoisonnastes-vous de charongnes, de pestes, Des corps de vos meurtris ? »
Source : Gallica

Ludovic Lalanne Les tragiques (Nouvelle édition… (1857)

L'autre ciel, l'autre terre ont cependant fui; Tout ce qui fut mortel se perd esvanoui.
Les fleuves sont sechez, la grand mer se desrobe ; Il falloit que la terre allast changer de robe.
Montagnes, vous sentez douleurs d'enfantemens ; Vous fuyez comme agneaux, ô simples eslemens !
Cachez-vous, changez-vous ; rien mortel ne supporte La voix de l'Eternel, sa voix puissante et forte.
Dieu paroist : le nuage entre luy et nos yeux S'est tiré à l'escart, il s'est armé de feux ; Le ciel neuf retentit du son de ses louanges; L'air n'est plus que rayons, tant il est semé d'anges.
Source : Gallica

Ludovic Lalanne Les tragiques (Nouvelle édition… (1857)

Si l'ame deschargée Du fardeau de la terre, au ciel demi-changée, Prononce verité sur le seuil du repos, Si tu fais quelque honneur à mes derniers propos, Et lors que mon esprit pour le monde qu'il laisse, Desjà vivant au ciel tout plain de sa richesse, Doit monstrer par la mort qu'il ayme vérité, Pren ce dernier present, sceau de ma volonté: C'est ma main qui t'escrit ces dernières parolles : Si tu veux suyvre Dieu, fuy de loin les idoles; Hay ton corps pour l'aymer, aprens à le nourrir De façon que pour vivre il soit prest de mourir.
Source : Gallica

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