Résumé

Victor Bouton La Patrie en danger au 25 février 1848

« N’engagez pas un conflit, lui dirent-ils, la foule démolirait votre caserne. Le plus sûr moyen d’entraîner loin d’ici les flots de peuple qui vous menacent, c’est de faire le sacrifice de votre drapeau. »
Ce qui se passa dans le cœur de ces vieux soldats, victimes de leur honneur et de leur dévouement, dut passer dans celui de plus d’un témoin de cette scène. Ce qu’il y eut de force d’âme, de prudence, de générosité, mérite au moins d’être mis en parallèle avec le honteux défi, la lâche exigence des héros de l’émeute.
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Victor Bouton La Patrie en danger au 25 février 1848

Quand je retournai au boulevart Saint-Denis, je retrouvai Lamieussens ; il allait et venait du National au faubourg. Tout à coup, une décharge se fait entendre, et le cri aux armes retentit.
Je ne sais ce qui se passa en moi, mais je sentis mon sang refluer vers mon cœur ; je pris machinalement la direction de la Madeleine, et j’arrivai encore à temps, pour voir quelques cadavres palpitants encore, et entourés de curieux, cherchant à les ranimer. Je voulus avancer, mais, à peine avais-je fait quelques pas, que le boulevart se trouva désert et dans l’obscurité.
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Victor Bouton La Patrie en danger au 25 février 1848

Un homme n’avait pas quitté la colonne insurrectionnelle, depuis le faubourg Saint-Denis où je l’avais vu depuis deux jours paraître et disparaître, toujours ardent. Aujourd’hui encore, au milieu de toutes les incertitudes, du fond de tous les récits, sa tête m’apparaît. Il a une figure grise, hâve, de grands traits, une redingote noire, une pose un peu arsouille, le geste brutal, le chapeau un peu sur l’oreille ; il a au menton de rares poils d’un blond gris ; ce n’est pas un homme de presse ou de tribune, c’est un ouvrier, un vieil agent révolutionnaire, un homme des sociétés secrètes.
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