Résumé

Portrait de Voltaire Voltaire MÉMOIRE SUR LA SATIRE

Il n’est permis de critiquer par écrit, sans doute, que de la même façon dont il est permis de contredire dans la conversation. Il faut prendre le parti de la vérité ; mais faut-il blesser pour cela l’humanité ? faut-il renoncer à savoir vivre parce qu’on se flatte de savoir écrire ?
Depuis le beau règne de Louis XIV, où tout s’est perfectionné en France, les magistrats qui veillent sur la littérature ont eu soin, autant qu’ils ont pu, que les Français ne démentissent point, par leurs écrits, ce caractère de politesse qu’ils ont dans le commerce.
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Portrait de Voltaire Voltaire MÉMOIRE SUR LA SATIRE

Il est dit dans ce libelle, en termes exprès, que je suis un voleur, un brutal, un enragé, un athée, le petit-fils d’un paysan, etc.
Or je soutiens qu’un homme de lettres, quelque méchant qu’il puisse être, ne peut vomir de pareilles injures : celles de voleur, d’enragé, d’athée, de brutal, sont des termes horribles, mais vagues, qui ne peuvent souiller la plume d’un homme auquel il resterait la moindre pudeur et la moindre étincelle d’esprit.
Il est encore bien peu probable qu’un écrivain reproche à un autre écrivain sa naissance.
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Portrait de Voltaire Voltaire MÉMOIRE SUR LA SATIRE

Elle suffit pour devoir attribuer à un homme une bonne action ; mais elle ne suffit pas pour lui imputer un crime.
Je pourrais poursuivre, et faire voir jusqu’à quel comble d’horreur la calomnie a été poussée dans cet écrit ; mais mon dessein n’est pas de répondre en détail à des discours dignes de la plus vile canaille : ce serait trop mal employer un temps précieux. J’ai voulu seulement, pour l’honneur des lettres, essayer de faire voir combien il est difficile de croire qu’un homme de lettres se soit souillé d’un opprobre si avilissant.
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