Édouard Dujardin,
Les Lauriers sont coupés
“ Léa, devant l’armoire-à-glace, ordonne les bouillonnés de son corsage sur sa poitrine et le ruban noir de son cou ; contre le mur je suis debout, contre le rideau fermé de la fenêtre ; dans la glace je vois sa mignonne figure et ses mines jolies, ce corps manifesté et dissimulé successivement par les habillements ; c’est la mode admirable de notre temps, qui sait cacher et montrer tour à tour les formes féminines ; en des mouvements d’un charme très félin, tandis que tressautent sur son front mat ses cheveux, elle s’approche à moi ; y pensé-je ? voudrait-elle ce soir ? se va-t-elle laisser ? ”
