Adolphe Esménard Du Mazet

Élements biographiques

Adolphe Esménard Du Mazet Désillusions : poésies (1862)

Le vol capricieux d'un rêve séduisant,
Parfois il soupirait car son coeur de Poète Offrait à son regard plus d'un tableau riant.
Tout le fesait rêver : l'enfant qui balbutie Dans les bras de sa mère un premier mot d'amour, Le vieillard qui s'en va, fatigué de la vie Et pressé d'arriver à l'éternel séjour ;
La fleur qui, sur sa tige, au souffle de la brise Abandonne le soir son parfum le plus pur, La source qui s'enfuit, le ver luisant qui glisse, Le papillon doré, le moucheron d'azur !
Source : Gallica

Adolphe Esménard Du Mazet Désillusions : poésies (1862)

Pour rester dans ce monde où tout n'est que mensonge, Où le bonheur constant n'est jamais qu'un vain songe Qui fuit devant nos pas !
Elle vivait heureuse et la mort l'a surprise Car Dieu n'a pas voulu qu'un souffle de la brise
Ou du noir ouragan Vint ternir la candeur de son âme ingénue,
Dans le corps le plus chaste à peine retenue,
Et libre maintenant !
Créé pour habiter les rives éternelles Un jour cet ange blond a déployé ses ailes Et fui loin d'ici-bas,
Pour retourner au ciel, où sa grâce naïve, Plus délicate encor que l'humble sensitive, Ne se fanera pas !
Source : Gallica

Adolphe Esménard Du Mazet Désillusions : poésies (1862)

Sans cesse il invoquait la poétique image Que le ciel, croyait-il, amenait sur ses pas ; Il la voyait toujours avec son doux visage.
Se pencher sur son front et lui tendre les bras. Il lui donnait ces noms qu'invente la tendresse, Ces noms toujours nouveaux et que dans son ivresse, Lorsque la volupté fait palpiter son coeur,
Un amant balbutie aux pieds de sa maîtresse. — Ah ! qui n'a pas connu ces heures de bonheur
Où l'homme qui soupire au souvenir d'un ange, Sur son sein croît goûter un plaisir sans mélange ?
Source : Gallica

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