Aristophane

Élements biographiques

Aristophane Théâtre, tome 2

CHRÉMYLE. Comment donc ? Hé, parce que personne n’aurait d’argent pour en acheter, si tu n’en donnais, de sorte que si Jupiter s’avisait de te chagriner, tu pourrais, toi seul, détruire toute sa puissance.
PLUTUS. Que dis-tu ? C’est moi qui suis cause qu’on lui sacrifie ?
CHRÉMYLE. Oui, certes ; et bien plus, c’est que, parmi les hommes, il n’y a rien de beau et d’agréable que par toi, et aujourd’hui les richesses font tout.
CARION. Moi, par exemple, je suis esclave à cause d’un peu d’argent que mon maître a donné pour moi et parce que je ne suis pas riche.
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Aristophane Théâtre complet d’Aristophane

KHRÉMYLOS. À Ploutos. Qu’il voie, comme auparavant, d’une manière ou d’une autre.
BLEPSIDÈMOS. Est-il aveugle réellement ?
KHRÉMYLOS. J’en atteste le ciel.
BLEPSIDÈMOS. Il n’est pas étonnant qu’il ne soit jamais venu chez moi.
KHRÉMYLOS. Mais, si les dieux le veulent, aujourd’hui il y viendra.
BLEPSIDÈMOS. Ne faudrait-il pas appeler quelque médecin ?
KHRÉMYLOS. Quel médecin y a-t-il à présent dans la ville ? Où il n’y a pas de récompense, il n’y a pas d’art.
BLEPSIDÈMOS. Cherchons.
KHRÉMYLOS. Il n’y en a pas.
BLEPSIDÈMOS. Je n’en vois pas non plus.
KHRÉMYLOS. Non, de par Zeus !
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Aristophane Théâtre, tome 2

LA PAUVRETÉ. Je vais maintenant vous faire voir qu’avec moi l’on trouve la modestie, et l’insolence avec Plutus.
CHRÉMYLE. C’est assurément une grande modestie que de voler et d’enfoncer les maisons.
BLEPSIDÈME. Oui, par Jupiter, puisqu’il faut que le voleur se cache, n’est-ce pas de la modestie ?
LA PAUVRETÉ. Vois dans les républiques les orateurs ; tant qu’ils sont pauvres, ils ne cherchent qu’à procurer, en toute équité, le bien du peuple et de leur patrie, mais sitôt qu’ils sont devenus riches aux dépens du public, la patrie et le peuple n’ont pas de plus cruels ennemis.
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