Auteur : G. Goyau

Élements biographiques

Auteur : G. Goyau Revue des Deux Mondes

La reine écoutait, et s’offrait à punir ces cupides en faisant confisquer leurs biens. Mais Mélanie ne voulait point, par représailles, la pauvreté des autres ; elle voulait, par amour, sa propre pauvreté. Tout de suite elle écarta de la tête de ses proches, c’est-à-dire de ses ennemis, le péril dont les menaçait Serena : « Non, lui dit-elle, il est écrit de ne point rendre mal pour mal et préjudice pour préjudice. C’est dans le Seigneur que nous avons confiance, pour que, grâce à l’appui de votre pieuse souveraineté, notre pauvreté soit féconde. »
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Auteur : G. Goyau Revue des Deux Mondes

Alaric approchait de Rome : Stilicon était tué, Serena tuée, comme complices du barbare. L’aristocratie sénatoriale frémissait à la pensée de l’attentat qui menaçait la majesté romaine. Il semblait que Rome allait cesser d’être Rome, si les Goths y entraient. Les âmes étaient secouées jusque dans leurs intimes profondeurs ; l’émotion des païens se communiquait à certains chrétiens ; le patriotisme romain se disposait à prendre le deuil. Mais chrétiens et païens interprétaient diversement le décret divin par lequel Alaric humiliait Rome : « C’est la faute à votre Christ, » disaient les païens.
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Auteur : G. Goyau Revue des Deux Mondes

Au bout de sept ans passés en Afrique, Pinianus et Mélanie, qui n’y possédaient plus rien, s’en furent en Palestine, pour finir de s’y ruiner et de s’y sanctifier ; il leur restait quelques terres en Espagne, et c’est avec l’argent provenant de la vente de ces terres qu’ils développèrent la vie monastique à Jérusalem. Ainsi s’épuisa, en moins d’un quart de siècle, la plus grande fortune immobilière de l’Empire.
Posséder des terres, c’était en même temps posséder des hommes. Le chiffre d’esclaves appartenant à Mélanie échappe au calcul de Gerontius : Dieu seul le connaît, dit-il.
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