Edmond de Pressenssé

Élements biographiques

Edmond de Pressenssé Revue des Deux Mondes T.105, 1873

La compagnie de Jésus, qui a été l’inspiratrice du Syllabus, la promotrice de l’infaillibilité, est en elle-même un danger social. Qu’on la combatte par la discussion et par tout ce qui peut éclairer et enflammer l’opinion publique ; c’est le devoir des publicistes chrétiens. L’erreur commence quand on veut que l’état se charge de la controverse en usant de la contrainte et de la proscription. Il n’a le droit de frapper que des actes attentatoires à sa sûreté et au droit public ; il n’a pas celui de frapper des idées et des tendances, quelque dangereuses qu’elles lui paraissent.
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Edmond de Pressenssé Revue des Deux Mondes T.99, 1872

Heureux clergé de Prusse, heureux clergé allemand ! On ne vous dispute pas à vous le droit d’enseigner la jeunesse et de vous mêler à tout ce qui se fait pour le peuple ! Vous n’êtes pas des étrangers dans l’école, et on laisse chez vous le Christ venir aux petits enfans. La France a là quarante mille de ses fils librement dévoués au bien, vivant pauvres dans tous ses villages, au sommet des montagnes, au fond des bois, fils et frères de ses paysans, prêts à leur parler de Dieu, du devoir, de la patrie.
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Edmond de Pressenssé Revue des Deux Mondes T.105, 1873

Berlin voudrait imiter Paris et le remplacer comme ville du monde ; elle n’y parvient pas, car elle ne peut emprunter la grâce et l’éclat de sa rivale. Dévorée d’une fièvre de plaisir et de spéculation, la capitale du nouvel empire ne voit plus que les succès rapides ; c’est une loterie universelle ; la bonne vie allemande est remplacée par les agitations du joueur qui ne croit qu’à la chance. Si M. Franz charge ses tableaux, ils sont du moins saisissans au plus haut degré. La Prusse, dit-il encore, apprend tous les jours qu’il est plus facile d’enrichir un peuple que de le moraliser.
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