Henri-Frédéric Amiel,
Grains de mil
“ La fuite du temps, le vide de la vie, toutes ces éternelles banalités jetèrent leurs ombres dans mon âme. — Que faudrait-il donc pour écarter à jamais le retour de cette inquiète mélancolie ? Deux choses bien simples hélas ! être ce qu’on doit être et avoir ce qu’on peut désirer. Parfait et tout-puissant, il ne faut que cela pour le bonheur. Dieu seul est donc heureux ! Et l’homme ? L’homme n’a de paix qu’autant qu’il possède Dieu, c’est-à-dire, qu’il se donne à Dieu. — Je soupirai, laissai la nature chanter, et revins demander à un livre l’exorcisme de mon vague ennui. ”

