Lucie Félix Faure

Élements biographiques

Lucie Félix Faure Revue des Deux Mondes

N’éclaire-t-elle pas d’une incomparable lueur de beauté les mythes de Platon ? Ne déborde-t-elle pas des sonnets, des ballades et des canzoni de la Vita Nuova, jusque dans leur commentaire dantesque ? D’où provient-elle donc ? Dante nous a répondu. Son art est un art de vie intérieure, il le constate. Rien n’est plus léger, rien n’est plus subtil, rien n’est plus puissant qu’un souffle revêtu de la voix humaine, et les mots dans lesquels une âme a vibré, n’ont qu’à résonner sur des lèvres vivantes pour apparaître éternellement jeunes, beaux et radieux.
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Lucie Félix Faure Revue des Deux Mondes

L’influence de la morte entraîne Dante vers les choses d’en haut : « La vie ne sera pas détruite, disait à son fils la mère d’un jeune martyr, elle sera changée en une vie meilleure, » et, comme la vie de Béatrice, le sentiment de Dante s’était transformé. Le poète eut, sans aucun doute, des romans d’une autre sorte ; il n’en est pas moins vrai qu’un radieux idéal lui servait à s’orienter en ce monde. Les nuages peuvent cacher une étoile, mais les nuages passent, et l’étoile demeure : ils ne l’ont pas ternie.
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Lucie Félix Faure Revue des Deux Mondes

Quelle fut l’originalité de Guido Guinicelli ? Sans doute elle apparaît clairement : avec lui, la théorie amoureuse du moyen âge, en s’amplifiant, s’élève d’un ou de plusieurs degrés. Il fait pressentir Dante et Béatrice. Tel de ses sonnets est réellement l’aïeul des sonnets de la Vita Nuova. La beauté de la dame s’est spiritualisée ; la beauté de son visage reflète celle de son âme, et noble doit être l’amour qui se loge dans un noble cœur. L’amour s’abrite dans un noble cœur, comme l’oiseau dans la verdure de la forêt.
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