Olympe Milon de Lernay Jean Rotrou, dit "Le Grand", ses ancêtres et ses descendants… (1869)

C'est encore Rotrou qui disait à Corneille, dans une de ses dernières missives, ainsi qu'on l'a déjà rappelé dans l'avant-propos : « Comme vous, j'ai travaillé toute ma vie à élever mon esprit et mon âme; on ne dira pas que nous avons fait de la sainte poésie un art corrompu; au lieu d'exciter les passions et d'encourager les faiblesses, notre théâtre sera l'école du devoir, de la vertu, de l'héroïsme : c'est une douce et consolante pensée pour le cœur d'un mortel qui s'apprête à paraître devant Dieu. »
Source : Gallica

Olympe Milon de Lernay Jean Rotrou, dit "Le Grand", ses ancêtres et ses descendants… (1869)

Tous les efforts de Rotrou tendaient à l'élévation des esprits, à l'ennoblissement des cœurs. A son époque, on n'eut pas compris que le talent d'écrire pût avoir un autre but!.
Un jour il écrivait au roi, en lui dédiant sa seconde pièce imprimée (la Bague de l'Oubli) : « Sire, puisqu'enfin la comédie est en ce point où les plus honnêtes récréations ne lui peuvent plus causer d'envie, où elle se peut vanter d'être la passion de toute la France et le divertissement même de votre majesté, je ne trouve plus de honte à paraître, et je fais gloire d'avoir aidé à la rendre belle comme elle est. »
Source : Gallica

Olympe Milon de Lernay Jean Rotrou, dit "Le Grand", ses ancêtres et ses descendants… (1869)

Quelques années plus tard, le Cid paraît. Les dédaigneux de Corneille obscur deviennent les détracteurs de Corneille illustre : sa gloire excite autant de haine que son obscurité avait excité de mépris ; le grand ministre ameute contre ce génie naissant sa troupe de beaux esprits ; Scudéry brandit contre lui sa plume à la façon d'une lame d'épée.
Seul, un poète, méprisant la colère du terrible ministre, ose prendre la défense du persécuté. C'est encore Rotrou. Il vante le rival qui l'éclipsait; il appelle tout haut son maître celui qui la veille l'appelait son père !
Source : Gallica

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