“ Mais parce qu’il y a dans Marion Delorme toutes les qualités de l’homme mûr, et aucune des fautes du jeune homme. Le progrès est impossible à qui débute par une chose complète, ou à peu près. Je suis intéressé, ne fût-ce que par amour-propre, à croire que j’avais raison : mon avis est encore aujourd’hui que Marion Delorme est, sinon la meilleure, du moins une des meilleures pièces d’Hugo. ”
Marion Delorme
Définition et enjeux
Marion Delorme, courtisane française du XVIIe siècle, incarne la figure ambiguë d'une femme liée aux puissants de son époque, entre passion et stratagème. Née en 1613 dans une famille noble, elle fut le centre d'une vie sociale éclatante, entourée de figures comme le marquis de Cinq-Mars et le duc de Buckingham. Son destin fut abordé par divers auteurs : Alexandre Dumas, dans Mes Mémoires, souligne sa complexité, la présentant comme une femme accomplie sans erreurs de jeunesse, tandis qu’Eugène de Mirecourt, dans Les Confessions de Marion Delorme, la dépeint comme une figure tragique, oscillant entre amours ardemment vécus et intrigues politiques.
Victor Hugo, dans son drame Marion Delorme, s’en inspire pour un récit dramatique, et des romans comme Le Sphinx rouge lui donnent une place dans l’imaginaire littéraire. Son héritage persiste dans les chroniques et les légendes, mêlant vérité historique et fiction, comme le note Joséphin Peladan, qui relate ses liens avec Cinq-Mars et ses mystères. Cette interprétation variée révèle une figure à la fois historique et symbolique, marquée par les tensions de son temps.
Citations sur “Marion Delorme”
Henry de Kock, Histoire des courtisanes célèbres… (1869)
“ Oui, Marion Delorme, Marion Delorme, la courtisane, qui ne faisait jamais languir un amant; pis que cela, qui, lorsqu'un homme lui plaisait, ne craignait pas de lui écrire, la première : « Venez donc ! » — Tallemant des Réaux le raconte dans ses Historicités ; — Marion Delorme amoureuse, réellement amoureuse, attendit trente jours, trente longs jours, avant de sacrifier à sa passion Un calcul de sa part, dira-t-on. Il est vrai; mais non pas le calcul qu'on pense. ”
Eugène de Mirecourt,
Les Confessions de Marion Delorme…
(1856)
“ Réfléchis, Marion ! Tu succomberas dans cette lutte; il est temps encore de te sauver la honte et les désagréments qui t'attendent. Tu le vois, ma pauvre enfant, tes menaces de l'autre jour n'ont pu modifier ma résolution première. Essayer de m'intimider ! Tu te montrais présomptueuse : ou plutôt c'est de l'enfantillage. Un homme de ma sorte ne se renverse pas avec des révélations et des confidences. MARION DELORME. 395 — Vous me défiez, monsieur le cardinal : c'est imprudent à vous peut-être ! ”
