Paulin Étienne d’Anglas de Praviel, Scènes d’un naufrage ou La Méduse
“ Avant de prendre ce parti décisif, j’avais fait mes adieux au brave Espiaux, je lui avais recommandé, s’il échappait à la mort, de prévenir ma famille qu’il m’avait débarqué dans le désert de Zahara ; il me le promit, les yeux baignés de larmes. Espiaux et moi nous avons survécu à cette scène déchirante ; nous avons revu nos parents, nos amis, notre patrie ; l’homme n’est donc pas né pour le malheur. Le lieutenant Espiaux remit à la voile, et reprit, avec trente-deux personnes, la route du Sénégal, il nous laissa à regret dans le grand désert de Barbarie, près du Cap-Mérick. ”
