“ De toutes les œuvres qui se succèdent ou se mêlent au courant d’une littérature, quelles sont celles qui marquent réellement et qui restent comme les témoignages de l’esprit d’un temps ? Ce sont justement celles où il y a une pensée, une parcelle de vie morale. Que la forme soit sérieuse ou légère, qu’importe, si l’œuvre procède d’une idée inspiratrice, si elle a cet intérêt vivant qui tient à la vérité de la conception ou de l’observation ? La fantaisie la plus éclatante elle-même est moins capricieuse qu’on ne croit dans ses subtiles et prodigieuses inventions. ”
Revue des Deux Mondes
Élements biographiques
La Revue des Deux Mondes, organe littéraire majeur du XIXe siècle, incarne une réflexion profonde sur l’humanité, la nature et les enjeux moraux. Son œuvre, marquée par une poésie introspective et des récits à connotation existentielle, explore la tension entre l’individu et l’univers, la fugacité des émotions et la quête d’un sens transcendant.
Les textes, comme la méditation sur l’« âme épuisée » ou les visions lyriques de l’Égypte, révèlent une sensibilité à la fois contemplative et engagée. Auteurs proches comme La Bourdonnaye ou Viviani partagent cette dualité entre rêve et réalité, inscrivant la revue dans une tradition intellectuelle riche.
Citations de Revue des Deux Mondes
“ Mes sœurs qui remontez, lentes, l’une après l’une, Vers le village blanc, dans la montagne brune, Lorsque la nuit commence, et rend presque irréel Le rythme de vos corps, élancés vers le ciel ! — Longs chapelets vivants aux doigts du crépuscule ! — Vous qui longez les oueds où la lumière ondule, Écrasant sous vos pieds la menthe et les iris, Et qui vous souriez dans l’eau des oasis ! Femmes d’Egypte en deuil, sous le ciel qui s’étoile, Vous dont les larges yeux, entre l’ombre du voile, S’ouvrent comme hantés d’un étrange sommeil, Pleins de la volupté brûlante du soleil ! ”
“ J’ai rêvé tout mon rêve, et le reste m’est vain. J’ai chéri la douceur des choses passagères, La pourpre d’une rose ou l’arôme d’un vin, L’ombre voluptueuse et ses calmes mystères. Mon cœur n’a pas cherché le ciel indifférent, Ni désiré l’espoir d’un inutile leurre. J’ai supporté sans lui ma joie ou mon tourment. La vie est brève, ami ! Vis ! Que rien ne me pleure ; Mais que ta main suspende à mon blanc monument Le miroir de l’Amour et le masque de l’Heure. ”
