Abel Hermant

Abel Hermant

Résumé

Portrait de Abel Hermant Abel Hermant Éloge de la médisance (1925)

Comme il y a des buts de guerre, il y a des buts de calomnie. Elle sait ce qu'elle veut, et ce qu'elle veut, c'est nuire. Elle ne calomnie pas pour calomnier, mais pour nuire. Les seuls psychologues clairvoyants sont les rédacteurs du Code, qui n'ont eu garde d'oublier « l'intention de nuire », et qui excusent la diffamation la mieux caractérisée si elle est pure de cette méchante intention. Médisance médit pour rien, pour le plaisir. C'est cela, et non point un prétendu privilège de véracité qui distingue Médisance de Calomnie.
Source : Gallica

Portrait de Abel Hermant Abel Hermant Éloge de la médisance (1925)

Les hommes, debout à la portière des voitures, les femmes, assises et penchées, bavardaient avec une volubilité incroyable, et ce caquetage, dans le jargon du pays, s'appelait pettegolismo. Les malheureuses, qui n'avaient point d'amis ou d'amants, faisaient descendre leur cocher du siège et il leur donnait la réplique. De quoi parlait-on? De l'amour des autres. Mais on parle sans malice de ce qui est sans hypocrisie, et grâce à l'ingénuité des mœurs, le pettegolismo n'était pas la médisance.
Source : Gallica

Portrait de Abel Hermant Abel Hermant Éloge de la médisance (1925)

Vous ne pouvez nier cela, si vous m'accordez que je suis l'assaisonnement, ou l'aliment de la conversation ; car elle est, dans nos pays, la fin même de la société. Les Orientaux se réunissent pour se regarder sans rien dire, et nous pour causer ensemble avec agrément même quand nous n'avons rien à dire. C'est ce qui fait, selon moi, toute la supériorité de notre civilisation. Si l'art des propos mondains ou familiers est, comme on nous l'assure, en décadence, alors il est temps de trembler : le grand soir approche.
Source : Gallica

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