Résumé

Amédée Lefèvre-Pontalis De la Liberté de l'histoire, par Amédée Lefèvre-Pontalis… (1860)

Ce n'est pas la calomnie qu'il déclare passible de peines, c'est la diffamation ; ce n'est pas le mensonge, ni même l'erreur, c'est la vérité sévère, ou seulement désobligeante. Im importe donc peu de rechercher quel genre de preuve peut être permis à l'historien, la preuve est interdite, qu'on ne le perde pas de vue. Toute révélation fâcheuse, toute appréciation blessante tombe sous le coup d'une peine; c'est ainsi que la loi est appliquée à l'égard des vivants, elle ne peut être entendue autrement à l'égard des morts. A ces conditions, où est l'insensé qui oserait encore écrire une histoire?
Source : Gallica

Amédée Lefèvre-Pontalis De la Liberté de l'histoire, par Amédée Lefèvre-Pontalis… (1860)

C'est à cette condition qu'au lieu d'être une sèche exposition de faits et un fardeau inutile pour la mémoire, l'histoire s'élève à la hauteur d'une science morale. Mais pour l'historien quelle mission dangereuse! S'il ne peut reculer devant aucune vérité, s'il a pour tâche de châtier les vices, combien il devra faire connaître de secrets fâcheux, prononcer de rigoureux arrêts, soupçonner, chercher et découvrir d'intrigues, de passions, de crimes !
Source : Gallica

Amédée Lefèvre-Pontalis De la Liberté de l'histoire, par Amédée Lefèvre-Pontalis… (1860)

Qu'on ne s'y trompe point en effet : il n'y a pas une loi spéciale pour punir la diffamation commise envers les vivants, une autre loi pour la punir quand elle s'adresse aux morts : c'est bien le même article qui s'appliquerait à l'un comme à l'autre cas. Pour apprécier de quelle liberté on peut user envers la mémoire de ceux qui ne sont plus, il faut donc se rendre compte du régime qui couvre et garantit la réputation des vivants.
La loi distingue deux sortes d'attaques contre l'honneur des citoyens : la diffamation et l'injure.
Source : Gallica

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