Résumé

Albert Metzger Jean-Jacques Rousseau à l’île Saint-Pierre

JEAN-JACQUES ROUSSEAU
À L’ÎLE SAINT-PIERRE
(lac de bienne)
S’il est un asile calme et paisible, une retraite où la nature semble avoir groupé tous ses dons pour plaire à quelque rêveur, c’est certes l’île Saint-Pierre. Quoiqu’elle n’ait que deux mille pas de long sur huit cents de large, et qu’elle ne domine le lac de Bienne que de quarante mètres à son point le plus élevé, elle ne laisse pas que d’offrir, dans ce parcours si restreint, la variété des sites les plus pittoresques.
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Albert Metzger Jean-Jacques Rousseau à l’île Saint-Pierre

Quand on a visité, dans ses moindres détails, la chambre de Rousseau, et que, debout dans le verger, on contemple la partie ancienne de l’auberge, qui se termine à droite par une tourelle, l’âme déborde de pitié et de mélancolie. Oui, de pitié, car on plaint cet homme d’avoir coulé une si triste destinée ; oui, de mélancolie, car on sent, d’une façon poignante, le néant de l’être humain et de la gloire qu’il engendre. On voudrait se faire illusion ; on se figure voir Jean-Jacques se montrant aux fenêtres entr’ouvertes, on croit entendre ses pas résonner dans la chambre
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Albert Metzger Jean-Jacques Rousseau à l’île Saint-Pierre

De cette cuisine, ainsi que de la chambre du philosophe, la vue est splendide ; entre la langue de terre, qui constitue le verger, et les montagnes voisines, le lac passe comme un large filet d’argent, réfléchissant, aux beaux jours d’automne, l’azur du ciel et les bois d’alentour. L’eau exerce alors je ne sais quelle fascination par sa limpidité ; aussi le philosophe allait-il souvent, au sortir de table, se jeter dans un petit bateau que l’intendant, ou receveur de l’île, lui avait appris à mener avec une seule rame. Son bonheur était de se laisser aller au fil de l’eau
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