Résumé

Alexis de Chabre Boutades sur l'amour et le mariage… (1866)

Je crois à ce prestige, Ariste, à ce dictame Dont la femme enivrait le coeur de qui l'aimait ! Je crois au chevalier que l'amour enflammait, A celui qu'un regard savait rendre invincible , A celui qui s'offrait à la mort, impassible,
Pour qu'un coeur adoré gardât son souvenir. Et si, dans ton dédain, tu me viens soutenir Que les temps sont passés de la chevalerie, Et qu'aux soldats suffit l'amour de la patrie, Je te dirai : L'amour constant et généreux, S'il ne fait des héros, fait encor des heureux; S'il donne aux uns la force, aux autres il dispense De plus douces faveurs
Source : Gallica

Alexis de Chabre Boutades sur l'amour et le mariage… (1866)

VALENTIN.
Ris tant que tu voudras. Quand on à quarante ans, quand la barbe grisonne, Le célibat, mon cher, devient fort monotone.
ARISTE.
Je sais de cet avis, je l'ai dit de tout temps ; C'est un métier de dupe, à partir de trente ans. Là finit la saison de nos bonnes fortunes; Les femmes, qu'elles soient blondes, noires ou brunes, Sur ce point capital sont d'un touchant accord. En vain leur dirait-on qu'on se sent vert encor, Qu'on a bon pied, bon oeil, et qu'aux âmes bien nées L'amour ne souffre pas du nombre des années, Au contraire qu'on a l'âge des vrais amants
Source : Gallica

Alexis de Chabre Boutades sur l'amour et le mariage… (1866)

Ah ! vous êtes ravie En songeant au bonheur que goûtent dans la vie Ces étranges époux dont la suprême loi Est que chacun des deux ne doit songer qu'à soi, Et qui n'ont voulu mettre en commun que leurs bourses. Ah ! pour moi le bonheur se puise à d'autres sources ! Je veux l'aller chercher dans ce devoir commun Qu'aiment à s'imposer deux coeurs qui n'en font qu'un. Car nul de par la loi ne deviendra mon maître, Qui d'abord par le coeur n'ait commencé de l'être. Ces serments sont les seuls que l'on puisse tenir, Et forment les seuls noeuds que Dieu puisse bénir.
Source : Gallica

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