“ ZOÉ. Parlons sérieusement.CHARLES. Je t'écoute.ZOÉ. Eh bien!... c'est assez difficile à dire... Écoute bien. Crois-tu m'aimer d'amour? Je réponds moi-même: Non, tu ne m'aimes pas d'amour.CHARLES. Ah!ZOÉ. Tu as eu quelque chose de plus pressé que de venir me voir hier.CHARLES. Je le crois bien, une partie charmante!ZOÉ. Quand on est amoureux, il n'y a rien de charmant.CHARLES. Excepté la personne...ZOÉ. Oui; tu as reçu une lettre de moi, sans trouble, sans émotion; tu ne l'as pas couverte de baisers, tu ne l'as pas relue cent fois, tu ne l'as pas mise la nuit sous ton oreiller ”
Alphonse Karr
Résumé
Alphonse Karr, auteur du XIXe siècle, examine dans Clotilde les tensions entre amour, devoir social et passion à travers une intrigue centrée sur les personnages de Clotilde, Vatinel et Alida. L’œuvre, marquée par des dialogues percutants et des thèmes récurrents comme le mariage, les enjeux moraux et les soirées mondaines, dépeint les conflits intérieurs et les relations ambivalentes entre les protagonistes.
Les citations révèlent une réflexion acerbe sur la nature de l’amour et les conventions de l’époque, tout en illustrant les dilemmes émotionnels des personnages. Cette œuvre, à la fois romanesque et satirique, met en lumière les contradictions de la vie sociale du temps.
Citations de Clotilde (Alphonse Karr)
“ «A-t-il péri du monde cette nuit? Je suis André Méhom. J'ai été enfant de chœur du curé de Trouville, et je me suis noyé en allant au secours d'un bâtiment naufragé. Je n'ai pas besoin de prières. Les morts ne perdent que les jours, les nuits sont à eux, et cette lune qui se lève est leur soleil. Que viens-tu faire ici la nuit? T'es-tu, hier, noyé comme nous?»Et alors, de toutes parts, l'abbé vit sortir de l'eau et des algues des hommes, des femmes et des enfants, tous pâles, tous écartant les herbes pour passer, et rejetant leurs cheveux en arrière. ”
“ Ah çà! demanda Robert à Tony quand ils furent seuls, quelle maîtresse as-tu?—Comment, quelle maîtresse? répondit Vatinel, quelle maîtresse? Je n'ai pas de maîtresse; je suis amoureux et je ne suis pas amant.—Ah! oui, la grande passion; mais aussi... la chair est faible et, qui pis est, elle est forte. Il y a des fidélités qui n'en sont pas, qui ne partent ni du cœur ni de l'âme, ni de rien de ce que les femmes prétendent seules se réserver, en affichant le plus profond mépris pour le reste. Il est vrai que le reste est ce qu'elles pardonnent le moins de donner à d'autres. ”
