Arsène Houssaye

Arsène Houssaye

Résumé

Portrait de Arsène Houssaye Arsène Houssaye Histoires romanesques (1879)

Le voyez-vous, dit Madeleine, là-bas, le long de la haie, qui monte la colline ?
– Non, je ne le vois pas.
– Ah ! Clotilde, je suis bien sûre qu'il vous voit, lui !
– Ah ! oui, dit-elle avec un sourire attristé, voilà le cheval qui débusque de dessous le noyer.
– Voyons, ma cousine, ouvrez-moi votre coeur ; j'ai surpris, sinon votre secret, du moins le sien : il vous aime.
– Qui vous l'a dit ?
– Mais vous n'avez donc pas vu ses yeux, Clotilde ? A-t-il le droit de vous aimer ?
– Je ne sais pas ; cela regarde mon père.
– Voyons, parlez-moi de M. Godefroy.
Source : Gallica

Portrait de Arsène Houssaye Arsène Houssaye Histoires romanesques (1879)

Pourquoi cette jeune princesse impose-t-elle la mode à Paris, comme si elle venait de Golconde ? C'est le luxe effréné des femmes.
NINON.
C'est qu'elle est comme l'amour : un diable à quatre, quoiqu'elle ait fait du mariage la vie à deux. Elle règne et gouverne à Paris par le despotisme de l'esprit et de l'extravagance. Elle n'a peur de rien, parce qu'elle n'a pas peur d'elle-même. Ce n'est pas comme cette femme sentimentale qui se fait un masque de son parasol quand elle craint de montrer son coeur.
Source : Gallica

Portrait de Arsène Houssaye Arsène Houssaye Histoires romanesques (1879)

Quand on arriva près du précipice, Clotilde se leva et dit en entrouvrant les yeux :
– J'ai soif ; donnez-moi un peu d'eau. N'est-ce pas, Madeleine, que je veux boire à la source ? Où es-tu, Madeleine ?
– Vous voulez boire de l'eau ? dit Sarah ; nous n'en avons pas. Si vous voulez du vin, il y en a là sous vos pieds, dans le panier.
– Je ne veux boire que de l'eau, de l'eau, reprit Clotilde, que dévorait la fièvre.
– Eh bien, dit Sibbécaï en la regardant avec un
sentiment inexprimable, il y a là une source, j'y descends et je reviens.
Source : Gallica

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