“ Oui, je le crois aujourd'hui, moi aussi, que l'infortunée Alida proclamait un effrayant sophisme, que Valvèdre avait raison contre elle, que le devoir accompli rend l'amour plus fervent, et que lui seul le rend durable, tandis que le remords dessèche ou tue; mais, dans le triomphe de la passion, dans l'ivresse de la reconnaissance, j'écoutais Alida comme l'oracle des divins mystères, comme la prêtresse du dieu véritable, et je partageais son rêve immense, son aspiration vers l'impossible. Je me disais aussi qu'il n'y a pas qu'une seule route pour s'élever vers le vrai ”
Alida
Définition et enjeux
Citations sur “Alida”
“ Alida venait de parler avec une sincérité évidente, et pourtant, quelque effort que fit Moserwald pour me cacher sa main gauche, je voyais bien qu'il n'avait plus sa bague. Un soupçon hideux pesait sur moi comme un cauchemar. Je pris le bras de l'israélite et je l'emmenai sur la galerie, comme pour lui parler d'autre chose. Je flattai sa vanité pour lui arracher la vérité.—Vous êtes un habile homme et un amant magnifique, lui dis-je; vous faites accepter vos dons de la manière la plus ingénieuse! ”
George Sand,
Valvèdre
(1861)
“ Laissez-moi la lettre, je ne la lui montrerai qu’après l’avoir convenablement avertie. — Elle est donc bien attachée à son mari ? m’écriai-je étourdiment. — En doutez-vous ? reprit Paule étonnée de mon exclamation. — Non certes ; mais... — Mais si, vous en doutez ! Ah ! vous n’avez pas traversé Genève sans entendre quelque calomnie sur le compte de la pauvre Alida ! Eh bien, repoussez tout cela de votre pensée. Alida est bonne, elle a du cœur. À beaucoup d’égards, c’est une enfant ; mais elle est juste, et elle sait apprécier le meilleur des hommes. Il est si bon pour elle ! ”
George Sand,
Valvèdre
(1861)
“ Le moi tenait une place démesurée dans mes réflexions comme dans mes instincts, et, de ce que ces instincts étaient généreux et ardemment tournés vers le grand, je concluais qu’ils ne pouvaient me tromper. En caressant ma vanité, Alida, sans calcul et sans artifice, devait arriver à s’emparer de moi. Plus logique et plus sage, j’eusse secoué le joug d’une femme qui ne savait être ni épouse ni amante, et qui cherchait sa réhabilitation dans je ne sais quel rêve de fausse vertu et de fausse passion ; mais elle faisait appel à ma force et la force était le rêve de mon orgueil. ”
George Sand,
Valvèdre
(1861)
“ Elle donnait le bras à M. de Valvèdre, dont la considération semblait mieux que tout autre porte-respect la protéger contre les brutalités de l’admiration. Néanmoins elle était froissée de cette curiosité outrageante des foules, et marchait triste, les yeux baissés, belle dans sa fierté souffrante comme une reine qu’on traînerait au supplice. Après elle, Alida était aussi un objet d’émotion. Sa beauté n’était pas frappante au premier abord ; mais le charme en était si profond, qu’on l’admirait surtout après qu’elle avait passé. ”
“ Je n’avais plus senti la force d’interroger Obernay sur son compte. Depuis que j’aimais Alida, j’aurais voulu oublier l’existence de son mari. D’après le peu de mots que, malgré moi, j’avais été forcé d’entendre, je me représentais un homme froid, très digne et assez railleur. Selon Alida, c’était le type des intentions généreuses avec le secret dédain des consciences imbues de leur supériorité. ”
George Sand,
Valvèdre
(1861)
“ Alida voulut le revoir et le remercier de son amitié pour moi. Elle ne voulut pas avoir l’air un seul instant de soupçonner qu’il eût été ou qu’il fût encore amoureux d’elle ; mais, chose étrange et qui peint bien cette femme puérile et charmante, elle eut avec lui un accès de coquetterie au bord de la tombe. Elle se fit peindre les sourcils et les joues par Bianca, et, couchée sur sa chaise longue, tout enveloppée de fins tissus d’Alger, elle trôna encore une fois dans la langueur de sa beauté expirante. ”
“ Il faut penser toujours à ce qu'on fait et jamais à ce qu'on ne doit pas faire.—A quoi donc pense Alida? Voyons, le devines-tu?—Oui, et je vais te le dire.Adélaïde baissait instinctivement la voix; je collai mon oreille contre la fente du mur, sans me rappeler le moins du monde que je m'étais promis de ne jamais espionner.—Elle pense à toutes choses, disait Adélaïde: elle est comme toi et moi, et peut-être beaucoup plus intelligente que nous deux; mais elle pense sans ordre et sans direction. Tu peux comprendre cela, toi qui me racontes souvent tes songes de la nuit. ”
“ Je continuai mon voyage; mais, au lieu de parcourir les montagnes, je pris le plus court pour me rendre à Altorf, et j'y restai. C'est là qu'Alida devait m'adresser ses lettres. Et que m'importait tout le reste? Nous nous écrivîmes tous les jours, et l'on peut dire toute la journée, car nous échangeâmes en une quinzaine des volumes d'effusion et d'enthousiasme. Jamais je n'avais trouvé en moi une telle abondance d'émotion devant une feuille de papier. Ses lettres, à elle, étaient ravissantes. Parler l'amour, écrire l'amour, étaient en elle des facultés souveraines. ”
Alphonse Karr,
Clotilde
(1839)
“ Ah! donnez-moi, près d'elle, Mon Dieu, mon paradis. Que mon âme se mêle Aux songes de ses nuits! A la fleur qui lui donne Ses enivrants parfums, CLOTILDE. 229 Au zéphir qui frissonne Dans ses beaux cheveux bruns. La vie est une épreuve, Bien pleine de combats, Pour la pauvre âme veuve Que j'ai laissée en bas. Mon Dieu! je vous en prie, En ce séjour mortel, Ajoutez à sa vie Tout mon bonheur du ciel. Alida se mordit les lèvres de dépit, et fut obligée de joindre ses éloges à ceux du reste de la société. Mais quand on la pria à son tour, elle se dit enrhumée. ”
“ Quels souhaits je fis dès lors pour l'insuccès de l'exploration scientifique! Alida semblait calmée et presque gaie de ce campement dans la montagne. Elle me parlait avec douceur et abandon, elle me souffrait auprès d'elle. J'étais assis à la même table. Elle projetait une promenade, et ne me défendait pas de l'accompagner. J'étais tout espoir et tout bonheur, en même temps que la douleur de l'avoir offensée un instant restait en moi comme un remords.Il y a un langage mystérieux entre les âmes qui se cherchent. Ce langage n'a même pas besoin du regard pour persuader ”
George Sand,
Valvèdre
(1861)
“ Mademoiselle Juste était, au contraire, une personne du plus grand mérite, chargée de l’éducation première des enfants et de la gouverne de la maison, soins auxquels Alida elle-même se déclarait impropre. Paule avait été élevée par sa sœur aînée. Toutes trois vivaient donc à leur guise : Paule soumise par goût et par devoir à sa sœur Juste, Alida complétement indépendante de l’une et de l’autre. Quant aux aventures qu’on lui prêtait, Obernay n’y croyait réellement pas ; du moins aucune liaison exclusive n’avait pris une place ostensible dans sa vie depuis qu’il la connaissait. ”
“ La dame de Lamindano et sa fille quittent aussi la table ; la première se livre à des injures contre le chevalier de Marmex, et Alida, l’orgueilleuse Alida, essaye en vain de paraître froide et dédaigneuse. Seul le jeune homme conserve son calme, seul il reste froid et assuré. ”
Alphonse Karr,
Clotilde
(1839)
“ Clotilde fit jouer une valse; on vint inviter Alida, qui refusa. L'homme qui l'invitait était assez de sa connaissance pour pouvoir insister. — Alida répondit qu'elle ne savait pas valser. — Ah!... dit Clotilde, vous valsez à ravir. — Il fallut alors qu'Alida supposât un violent mal de tête. — J'en était sûre, dit Clotilde, vous avez eu froid aux pieds ; — chauffez donc vos pauvres pieds. Alida dansa, mais en marchant et les pieds sous sa jupe. Il y avait à la mode une romance dont l'air était tellement joli, que tout le monde y produisait de l'effet. ”
George Sand,
Valvèdre
(1861)
“ Alida, lui dis-je en me mettant à ses pieds, je suis pauvre, et mes parents seront peut-être effrayés de ma résolution ; mais je les connais, je suis leur unique enfant, ils n’aiment que moi au monde, et je te réponds de te faire aimer d’eux. Ils sont aussi respectables que tendres ; ils sont intelligents, instruits, honorés. Je t’offre donc un nom moins aristocratique et moins célèbre que celui de Valvèdre, mais aussi pur que les plus purs... ”
James Fenimore Cooper,
L’Écumeur de mer
“ Je parlais en effet de montagne, mais c’était pour me rattacher à la terre. Votre inexplicable conduite, Alida, et votre cruelle indifférence ont amassé un fardeau sur mon cœur. Vous venez de dire qu’il n’y a aucune espérance pour Oloff van Staats, et une syllabe prononcée avec la sincérité qui vous caractérise a détruit toutes mes craintes à ce sujet. Il ne reste plus qu’à justifier votre absence pour reprendre votre pouvoir sur un cœur qui n’est que trop disposé à croire tout ce que vous lui direz. ”
George Sand,
Valvèdre
(1861)
“ Aujourd’hui, je me sens plus vivante, vous êtes là, et je m’imagine que je vais apprendre quelque chose qui me rendra la liberté et le repos de ma conscience. Moi qui avais des remords et qui prenais mon mari pour un sage de la Grèce !... Allons donc ! il est toujours jeune, et beau, et brûlant comme un volcan sous la glace ! — Alida ! m’écriai-je, frappé d’un trait de lumière, ce n’est pas de moi, c’est de votre mari que vous êtes jalouse !... ”
“ «Ce n'est pas elle, disait le regard d'Arthur.—Elle est bien fine, répondait le regard d'Alida.—Je vois avec plaisir, continua Clotilde, que cette fatigue excessive qui nous a obligés de quitter sitôt la maison où nous avons passé la soirée, n'a pas eu de suite et ne t'a pas empêché d'accompagner ta sœur au bal... Eh! que vous a donc dit de si affreux ce petit domino, ma chère Alida?» ”
“ Mais pouvais-je être sauvé si aisément, moi qui portais, comme Alida, le ciel et l'enfer dans mon cerveau troublé, moi qui m'étais voué au rêve de la poésie et de la passion, sans vouloir admettre qu'il y eût, au-dessus de mes propres visions et de ma libre création intérieure, un monde de recherches, sanctionnées par le travail des autres et l'examen des grandes individualités? Non, j'étais trop superbe et trop fiévreux pour comprendre ce mot simple et profond d'Adélaïde à sa petite soeur: l'étude des choses vraies! ”
George Sand,
Valvèdre
(1861)
“ Ce n’était pas difficile avec une âme aussi flottante que celle de cette pauvre femme ; mais une pareille lutte n’était pas digne d’un homme détrompé, et il savait qu’Alida, rendue pour quelque temps à ses devoirs, ne pouvait pas être sauvée. Il craignait, d’ailleurs, de la briser elle-même en la domptant, et, avant tout, par instinct et par principe, il a horreur de faire souffrir. N’exagère donc rien, calme l’excès de tes remords, et d’êtres humains ne fais pas des héros fantastiques. ”
James Fenimore Cooper,
L’Écumeur de mer
“ Penses-tu que le vent restera à l’ouest ce matin ? En parlant ainsi, l’alderman montra le chemin d’un petit parloir où les attendait un repas servi avec une élégante simplicité. Il fut suivi lentement par Oloff van Staats, car le jeune homme éprouvait réellement le désir de voir les fenêtres du pavillon s’ouvrir et le joli visage d’Alida sourire au milieu des autres beautés de la scène. ”
George Sand,
Valvèdre
(1861)
“ Il parlait peut-être d’une autre femme que la sienne : il est peut-être épris de cette merveilleuse Adélaïde. — Ah ! taisez-vous, Moserwald ! la sœur d’Obernay ! un homme marié ! — Un homme marié qui peut divorcer ! — C’est vrai, mon Dieu ! Parlait-il de divorcer ? — Allons, je vois que la chose vous intéresse plus que moi, et, au fait, c’est vous seul qu’elle intéresse à présent. Si Alida avait eu le bon sens de m’aimer, je ne m’inquiétais guère de son mari, moi ! ”
George Sand,
Valvèdre
(1861)
“ Oui certes, il avait le droit pour lui, puisqu’il avait la justice et la raison souveraines. Rien ne pouvait jamais autoriser sa faible compagne à rompre des liens qu’il savait rendre doublement sacrés. Elle était à lui pour toujours, fût-ce à titre de sœur, comme elle le prétendait, car ce frère-là, mari ou non, était un appui plus légitime et plus sérieux que l’amant de la veille ou que celui du lendemain. Je sentis mon rôle éphémère, presque ridicule. Je me flattais de le répudier quand ma passion serait assouvie, et je ne songeai plus qu’à l’assouvir. Alida ne l’entendait pas ainsi. ”
James Fenimore Cooper,
L’Écumeur de mer
“ Bien qu’attaché à Alida, le bon François avait la plupart des habitudes d’un domestique d’Europe. Élevé dans toutes les ruses de sa profession, il était de cette école qui croit que la civilisation doit être mesurée à l’adresse, et que le succès perd de sa valeur lorsqu’il a été obtenu par la vulgaire combinaison de la sincérité et du bon sens. Il n’est donc pas étonnant que le vétéran entrât dans les vues de l’alderman avec plus de zèle que les gens de sa sorte n’en mettent ordinairement à remplir un devoir. ”
Frédéric Soulié,
Sathaniel, par Frédéric Soulié…
(1837)
“ Pour Alidah, s'accuser c'était l'accuser, braver la mort c'était l'appeler sur sa tête, et Alidah se taisait pour Firmin plus que pour elle. Un autre sentiment naissait aussi dans le coeur de cette enfant de seize ans ; Alidah prévoyait le jour où elle serait mère ; Alidah avait accepté de ne plus revoir Firmin dans ce monde, mais elle avait compté garder l'enfant qui allait naître : femme sans mari, elle ne voulait pas être mère sans enfant. ”
Frédéric Soulié,
Sathaniel, par Frédéric Soulié…
(1837)
“ Mais Alidah, sans lui répondre , se laissa tomber à genoux, en disant, avec un accent de sainte prière : — Oh! mon Dieu, vous qui vous êtes dévoué pour les hommes, laissez-moi me dévouer pour lui ! vous qui avez racheté de tout votre sang les crimes de l'humanité, laissez-moi racheter de toutes mes douleurs son ambition et ses passions de. ”
Agnes Strickland, Alda: L'Esclave Bretonne
“ A ces touchants souvenirs de celle qu'elle avait tant aimée, Alda fondait en larmes, et se représentait le bonheur dont elles auraient joui s'il leur eût été donné d'habiter ensemble son ermitage, dans le vallon de la montagne, et elle soupirait amèrement à la pensée que cela ne pouvait être. Ensuite elle se reprochait l'égoïsme de ses regrets, et s'écriait: "Pourquoi pleurer sur toi, Susanne? Pourquoi ce désir coupable de te rappeler dans un monde qui n'était pas digne de toi? Amie de mon coeur, pardonne ces souhaits ardents de l'âme de ton Alda! ”
Agnes Strickland, Alda: L'Esclave Bretonne
“ Lélia se précipita à ses pieds, qu'elle pressa convulsivement de ses lèvres brûlantes, et sanglota tout haut, dans une agonie de remords et de douleur."Les sacrifices que Dieu demande sont un coeur et une âme repentants: ô Dieu, vous ne les mépriserez pas! dit Alda. Et moi, ver de terre, ayant moi-même si grand besoin de compassion et de miséricorde, demanderai-je plus de ceux qui m'ont offensée que mon Père céleste ne demande de moi?" ”
Agnes Strickland, Alda: L'Esclave Bretonne
“ Car il fait briller son soleil sur les méchants comme sur les bons, et il envoie la pluie sur le juste et sur l'injuste."—Mais, interrompit Alda avec impatience, aimes-tu Lélia, Susanne?—Hélas! non, Alda; je n'ai pas encore été capable de remporter cette victoire sur mon orgueil et les mauvaises passions de ma nature. Je n'aime pas Lélia, je l'avoue, quoique je lui pardonne sincèrement les injures que j'ai reçues d'elle: mais je puis prier, et je prie pour qu'elles lui soient aussi pardonnées par mon Père céleste, et pour qu'il veuille bien avoir pitié d'elle et changer son coeur. ”
Agnes Strickland, Alda: L'Esclave Bretonne
“ D'ailleurs Alda comprenait enfin que sur beaucoup de points, dans sa conduite passée, elle n'avait eu elle-même que trop de ressemblance avec Lélia. La religion, ce puissant modérateur des âmes, lui avait appris à écarter les fausses couleurs et le jour décevant sous lesquels l'amour-propre et les illusions de la vanité lui avaient déguisé ses premières actions, et elle s'apercevait qu'elle aussi avait été impérieuse, déraisonnable, dure et sans égard pour les sentiments de ceux qui, d'une manière ou d'une autre, étaient contraints à supporter sa tyrannie. ”
