“ Il est temps, il est grand temps de rompre, non seulement avec les maux qu’elle nous fait, avec les ruines qu’elle cause, avec les malheurs qu’elle accumule, mais encore avec son effrayante immoralité. Ne voit-on pas que toute monarchie, ou toute aristocratie, autrement dit tout privilège, est par nature obligé de mentir, d’être fourbe, parce qu’il est en désaccord avec la justice ? Devant cet instinct d’équité, d’égalité, qui, malgré tout, est le fonds de la conscience humaine, et quoiqu’on fasse, la base de tout jugement, le mot privilège a toujours eu le son faux, le sens d’injustice. ”
André Léo
Résumé
La Guerre Sociale, discours d'André Léo, s'inscrit dans le contexte troublé de la France après 1870, dénonçant les injustices sociales et les contradictions de la République naissante. L'auteur, à travers des réflexions mordantes, critique l'aristocratie, la bourgeoisie et les manœuvres politiques, décrivant une société en conflit entre égalité et privilège.
Les thèmes de la Commune, de la diffamation et de la moralité dominent, tandis que des citations percutantes mettent en lumière l'absurdité des conflits et l'urgence d'une éducation populaire. Ce texte, à la fois pamphlet et plaidoyer, incarne la tension entre idéaux démocratiques et réalités impitoyables.
Citations de La Guerre Sociale (André Léo)
“ Le monde n’est rempli que de leurs cris ! Et c’est aux égorgés qu’on refuse même le droit d’asile, en alléguant la morale outragée et la sainte pudeur ! — Quelle est donc cette morale ? Que signifie cette justice ? Qu’est devenu le sens des mots ? Ce monde se dit sceptique ; ce siècle se prétend incrédule ; et il croit aux larmes des Thiers ! aux indignations des Jules Favre ! à la sensibilité des bourreaux et aux serments des faussaires ! Pourquoi pas à l’honneur des Louis Bonaparte ? Hélas ! la politique de cette malheureuse humanité ne consistera-t-elle jamais qu’en un changement de noms ? ”
“ Quand, à ce qu’on nomme le sommet social, en pleine lumière, sont affichés, comme un exemple à tous les yeux : le mépris des serments, la débauche, le meurtre, la calomnie et l’hypocrisie de métier, devenue cynique ! Je sais bien qu’on peut dire : ce sont les rages et les convulsions de l’agonie. Je le crois aussi. Mais songez-y, cette agonie peut être longue. L’ignorance populaire et la monarchie sont deux lignes courbes qui en se soudant forment un cercle, où l’on peut tourner longtemps, où l’on rentre, hélas ! ”
