Résumé

Audience solennelle d'installation… (1893)

MONSIEUR LE PRÉSIDENT DERVILLÉ,
J'ai gardé pour vous mes dernières paroles comme, à l'heure de se détacher des lieux où l'on a vécu longtemps, on réserve sa dernière étreinte pour la main du meilleur ami qu'on y laisse.
J'ai connu les joies les plus pures dans cette maison de l'honneur et du devoir. C'en est une encore de remettre en des mains telles que les vôtres le dépôt des traditions de justice léguées par mes prédécesseurs.
Les murs de Paris proclamaient, il y a quelques jours, votre droiture, votre fermeté et votre prudence. Ce sont les moindres de vos qualités.
Source : Gallica

Audience solennelle d'installation… (1893)

Je rends donc légitime hommage à la façon élevée dont les Chambres syndicales ont jusqu'ici compris leur tâche : nous attendons d'elles, dans l'avenir, la même sauvegarde.
Qu'elles répudient, dans leurs moyens d'action, toute considération étrangère aux intérêts de la justice; que l'accès du Tribunal ne soit l'objet d'aucun vasselage, même en la forme; la dignité du juge répond de son impartialité. Qu'elles conservent entre elles des sentiments de concorde : la lutte est mère des passions, elle éloignerait de nous les plus sages.
Source : Gallica

Audience solennelle d'installation… (1893)

Craignez qu'en cessant d'être une distinction aux méritants, le droit de vote ne soit bientôt dédaigné par l'insouciance des électeurs au détriment de notre prestige! Craignez les suffrages inconscients, l'intrigue et les surprises de la place publique! Le juge ne relève que de sa conscience, il ne peut prendre siège avec d'autre engagement que son serment de magistrat; craignez l'abaissement du niveau judiciaire. Un collège de 40 à 50,000 électeurs est-il pour calmer nos appréhensions ?
Jusqu'ici, Messieurs, ces craintes ont été vaines et j'en fais honneur aux Syndicats professionnels.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature