Résumé

Ch. Roussel La Justice française en Algérie et les tribunaux indigènes

Il n’y a guère de voie plus sûre en effet que l’unité de juridiction pour arriver à l’unité de législation civile, qui est notre principal but. Le droit civil constitue le lien social par excellence, étant la règle fondamentale et permanente des rapports des hommes. Le nôtre repose sur des principes d’individualisme et de liberté qui sont à l’antipode des idées des Arabes. Pour nous, le droit individuel prime régulièrement l’intérêt général, auquel il n’est sacrifié que par exception. Chez les Arabes au contraire, l’individu s’absorbe dans la communauté
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Ch. Roussel La Justice française en Algérie et les tribunaux indigènes

II. — TRIBUNAUX MUSULMANS. La population juive, privée d’autonomie, ne formant qu’une faible et inoffensive minorité, doublement préparée d’ailleurs à subir les exigences du vainqueur, parce, qu’elle voyait en nous des libérateurs, et en vertu du précepte hiérosolymite de la soumission aux autorités temporelles : suis la loi du royaume que tu habites, si on te l’impose... elle devient la loi de Dieu, pouvait être sans peine ramenée à l’unité française ; mais le problème de l’assimilation des indigènes musulmans a toujours troublé et divisé ceux qui l’envisageaient.
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Ch. Roussel La Justice française en Algérie et les tribunaux indigènes

Dans cette société, la loi civile se présente enveloppée de formules qui semblent lui attribuer une institution divine et la ramener à un statut religieux. C’est ce qui a fait croire aux uns que le droit musulman tenait tout entier dans le Koran, et nier par d’autres l’existence même de ce droit si compliqué pourtant que, selon l’un des plus célèbres docteurs de l’islam, Ibn-Khaldoun, la vie d’un bomme suffirait à peine pour épuiser l’enseignement d’une seule école.
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