Résumé

Charles Roussel La Condition et la Naturalisation des indigènes en Algérie…

Une dernière considération éloigne les musulmans de la naturalisation. L’individu qui change de nationalité sans changer en même temps de pays peut s’exposer au blâme et à la malveillance de la société dont il se retire. Les indigènes éprouvent d’autant plus cette crainte que chez eux, par une confusion dont le langage vulgaire même porte la trace, — puisqu’on appelle deux indigènes non pas des compatriotes, mais des coreligionnaires, — l’idée de nationalité ne se distingue pas de celle de religion.
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Charles Roussel La Condition et la Naturalisation des indigènes en Algérie…

L’on appelait colons les citoyens de la nation victorieuse qui se fixaient ainsi sur le sol conquis, et, comme ils y avaient une condition supérieure à celle des indigènes, ces derniers devaient aspirer à l’égalité. Cette égalité, en leur faisant supporter la défaite, devenait un gage de paix pour les vainqueurs, et devait amener à la longue l’union des intérêts et des âmes. C’est ce qui n’échappa point au génie pratique de Rome, et elle eut l’habileté d’attacher un tel prestige au titre de citoyen romain que l’on en regardait partout la possession comme le plus précieux privilège.
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Charles Roussel La Condition et la Naturalisation des indigènes en Algérie…

C’est méconnaître singulièrement le caractère des faits. Si notre naturalisation eût revêtu aux yeux des musulmans un tel prix qu’ils dussent se sentir blessés de ne pas l’obtenir quand nous l’accordions si libéralement aux israélites, est-ce que nous ne les aurions pas vus en plus grand nombre la solliciter ? — L’orgueil arabe se révoltait, disait-on, à l’idée que les Juifs seraient armés pour veiller avec nous à la défense commune.
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