Résumé

Berryer. Hommages rendus à sa mémoire (1869)

La mort de Berryer est tout à la fois un deuil national pour la France et le deuil de l'éloquence pour le monde entier. Il a été, depuis Mirabeau, le plus grand orateur des temps modernes, et il avait au-dessus de Mirabeau la noblesse du caractère, le désintéressement, la générosité, la fidélité inflexible à ses opinions. Le général Foy aussi a été un grand orateur, mais il récitait, n'improvisait pas. L'esprit de parti, tout le monde le reconnaîtra aujourd'hui, a eu, sous la Restauration, la plus forte influence sur les manifestations qui se sont produites à propos de la mort du général Foy.
Source : Gallica

Berryer. Hommages rendus à sa mémoire (1869)

Dans un siècle aussi troublé que le nôtre, ce sont les événements qui ont fait la vie de M. Berryer, sans pouvoir cependant lui arracher deux choses : les opinions que son cœur avait choisies et son talent.
Son talent ! est-ce assez dire ? Cette flamme de l'éloquence que l'étude et l'expérience nourrissent et fortifient, mais ne font pas naître, n'est-elle pas un don divin, aussi divin que l'inspiration poétique? et le véritable orateur, dans ses grands jours, n'est-il pas comme un prophète que l'esprit de Dieu agite et soulève au-dessus de lui-même? Ces jours-là, M. Berryer les a connus.
Source : Gallica

Berryer. Hommages rendus à sa mémoire (1869)

La France a le sentiment de ce qu'elle perd, parce qu'elle a la conscience des conditions de sa grandeur et l'intuition des vertus dont elle a besoin ; elle sait que ce qui disparaît, ce n'est pas seulement un grand orateur, c'est un grand caractère. Et ce qui lui manque, c'est l'énergie des convictions, c'est la belle flamme des sentiments fidèles, c'est le noble exemple des dévouements. Elle salue dans Berryer non pas seulement ce qu'elle admire, mais encore ce qu'elle regrette. Et il se mêle à son regret et à son admiration comme un secret espoir. Tout ne disparaît pas avec un grand cœur.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature