Résumé

Portrait de Maurice Joly Maurice Joly Le Barreau de Paris : études politiques et littéraires (1863)

Il n'a qu'un mandat volontairement donné, il n'a qu'un droit, celui de parler librement dans la mesure des intérêts qui lui sont confiés, mais cela suffit pour imprimer à sa mission un caractère d'incomparable grandeur; pour peu qu'il ait de talent, l'avocat est un être à part qui prend une position exceptionnelle, étonnante, au sein de la société ; obscur et perdu dans la foule, il porte dans sa tête le souci des plus grands intérêts, n'ayant de guide que sa conscience, d'autre loi que celle de son honneur, il apparaît lui-même comme une magnifique personnificateur de la liberté et du devoir.
Source : Gallica

Portrait de Maurice Joly Maurice Joly Le Barreau de Paris : études politiques et littéraires (1863)

Jamais les moyens palpables d'un procès ne lui échappent; à l'audience, il a cette fermeté contenue qui impose l'attention comme une nécessité.
Ce n'est pas que M. Dufaure soit parfait comme orateur, nous imaginons même qu'il devait beaucoup gagner à être entendu à la tribune; son style est souvent terne, il n'a aucun agrément dans sa plaidoirie, dont le mouvement ne s'anime que quand il touche au point culminant des questions qu'il traite; il a un accent monotone et nazillard, son aspect extérieur ne s'allume jamais; la forte vie de son âme, ne se répand point à l'extérieur.
Source : Gallica

Portrait de Maurice Joly Maurice Joly Le Barreau de Paris : études politiques et littéraires (1863)

Pourtant Me Marie eut à traverser des moments difficiles. Comme Berryer, comme Paillet, comme tant d'autres, il n'avait pas de fortune, et c'est à la force du poignet qu'il fut obligé de soutenir à Paris. Il faut avoir essayé du barreau pour savoir quelles sont les épreuves qui attendent un avocat à ses débuts. Soupirer après des clients que l'on ne voit qu'en rêve; attendre des affaires qui ne viennent pas, ne pas plaider quand on est possédé de l'amour de son art, quand on sent palpiter en soi toutes les forces, toutes les ambitions, tous les besoins, c'est un supplice oublié par le Dante.
Source : Gallica

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