Fénelon Gibon

Résumé

Fénelon Gibon Le comte de Montalembert (1913)

Vainement donc la droite, vainement la majorité tout entière, prodiguaient à Montalembert les applaudissements : dans cette Chambre, si différente de celle où s'était épanouie sa jeunesse, il se sentait, au fond, mal à l'aise et comme dépaysé. Parmi les traverses de la vie publique, une qualité lui manqua toujours, et à cette époque plus que jamais peut-être : ce n'était certes ni le désintéressement, ni l'intrépidité, ni l'audace, c'était la sérénité, qualité difficile à concilier sans doute avec la passion, mais utile à consulter pour voir clair au milieu de l'orage.
Source : Gallica

Fénelon Gibon Le comte de Montalembert (1913)

« Montalembert raconta la vie d'Élisabeth avec amour, et ses souffrances avec admiration. Il mit dans cette œuvre toute la sève printanière et la surabondance de vie de son enthousiaste jeunesse, la virginité de ses sentiments, la fraîcheur et la suavité de coloris de son intelligence d'élite ; en un mot, il y mit toute son âme, et il avait beaucoup d'âme : il aimait tendrement sa chère sainte et il sut la faire tendrement aimer (1) . »
L'histoire de sainte Elisabeth atteste un talent littéraire de premier ordre; elle atteste aussi, comme le disait Villemain, un don au-dessus du talent.
Source : Gallica

Fénelon Gibon Le comte de Montalembert (1913)

Il eut l'honneur encore plus grand de ne regretter pour elle ni les biens, ni les privilèges, ni la puissance, mais de regretter seulement ce qui fait une partie intégrante de sa vie, le droit d'enseigner la vérité et de répandre la charité. Il se soucia peu de ce qui la rendrait à l'extérieur plus puissante, et en apparence plus importante; il se soucia beaucoup de ce qui pouvait faire rentrer, refluer, remonter le sang à son cœur, et la vie jusqu'à sa tête. Voyant dans l'Église une mère, il ne comprenait pas qu'elle fût privée d'instruire et d'aimer.
Source : Gallica

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