Charles Asselineau

Charles Asselineau

Résumé

Portrait de Charles Asselineau Charles Asselineau Le Livre des sonnets

Sainte-Beuve.
Sonnet
Que vient-elle me dire, aux plus tendres instants,
En réponse aux soupirs d’une âme consumée,
Que vient-elle conter, ma folle Bien-Aimée,
De charmes défleuris, de ravages du temps,
De bandeaux de cheveux déjà moins éclatants ?
Qu’a-t-elle à me montrer sur sa tête embaumée,
Comme un peu de jasmin dans l’épaisse ramée,
Quelques rares endroits pâlis dès le printemps ?
Qu’a-t-elle ? dites-moi ! fut-on jamais plus belle ?
Le désir la revêt d’une flamme nouvelle,
Sa taille est de quinze ans, ses yeux gagnent aux pleurs
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Portrait de Charles Asselineau Charles Asselineau Le Livre des sonnets

Du Bellay, le premier, l’apporta de Florence,
Et l’on en sait plus d’un de notre vieux Ronsard.
Sainte-Beuve.
Sonnet
J’étais un arbre en fleur où chantait ma Jeunesse,
Jeunesse, oiseau charmant, mais trop vite envolé ;
Et même, avant de fuir du bel arbre effeuillé,
Il avait tant chanté qu’il se plaignait sans cesse.
Mais sa plainte était douce, & telle en sa tristesse
Qu’à défaut de témoins & de groupe assfemblé,
Le buisson attentif avec l’écho troublé
Et le cœur du vieux chêne en pleuraient de tendresse.
Tout se tait, tout est mort !
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Portrait de Charles Asselineau Charles Asselineau Le Livre des sonnets

Foulant pousser à bout tous les Rimeurs François,
Inventa du Sonnet les rigoureuses loix ;
Voulut, qu’en deux Quatrains de mesure pareille
La Rime avec deux sons frappast huit fois l’oreille,
Et qu’ensuite, six vers artistement rangez
Fussent en deux Tercets par le sens partagez.
Sur tout de ce Poëme il bannit la licence :
Luy-mesme en mesura le nombre & la cadence :
Deffendit qu’un vers foible y pust jamais entrer,
Ni qu’un mot déjà mis osast s’y remontrer.
Du reste il l’enrichit d’une beauté suprême.
Un Sonnet sans defauts vaut seul un long Poëme.
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