Charles Guérin,
Revue des Deux Mondes
“ J’ai pour rêver ouvert ma fenêtre. J’entends Le vent qui semble fuir sur un voile de soie. Les pins murmurent, l’air embaume, un chien aboie. Le silence est une urne où tombe chaque bruit. Et mon cœur sans amour se gonfle, ô tendre nuit ! Je les bénis, ceux-là qui dans cette même heure Ont poussé les volets chantans de leur demeure, Et respirent l’espace et regardent le ciel Et goûtent à s’aimer un moment éternel. Leur âme en se mêlant aux étoiles s’enivre : « Ah ! disent-ils, qu’il est, cette nuit, bon de vivre !... » Et le vent caressant traverse leurs cheveux. ”
