Claude de Courlans

Résumé

Claude de Courlans Heures grises. II (1925)

Toute seule, fleurit cette rose au coeur d'or,
En qui tout l'été blond semble revivre encor !
Nov. 1923
SOIR D'AUTOMNE
C'est fini des beaux jours, des longs soirs de l'été, L'automne règne en maitre au jardin dévasté : Le soleil s'en va tôt, et de la terre émane L'odeur du pré mouillé, de la fleur qui se fane ;
Déjà c'est un départ, puis, un autre départ... Chaque jour, de bonheur, emporte un peu sa part, Le nid va se fermer : au jardin de l'enfance Un hiver va passer, ouaté de silence!...
Source : Gallica

Claude de Courlans Heures grises. II (1925)

Le pas de leurs chevaux résonne au coeur du monde Tout pareil au bruit sourd de l'Océan qui gronde !
Regardez-les venir du fond de l'horizon.
Avec leurs chars d'assaut, leurs canons, leurs caissons, Passant sous l'arc doré que le soleil colore.
On voit flotter au vent leurs drapeaux tricolores : 0 loques palpitant dans l'air bleu du matin,
Drapeaux déchiquetés, sublimes et déteints.
Claquant au ciel léger de Paris qui s'éveille,
Demain vos trois couleurs refleuriront plus belles,
Sur les champs dévastés, par-dessus les tombeaux, Où les blés pousseront plus épais et plus beaux !
Source : Gallica

Claude de Courlans Heures grises. II (1925)

Arrête-toi Soleil ! Et toi, disque argenté Qui sourit dans la nuit, voile-nous ta clarté ! Suspendez sur nos fronts le vol du temps qui passe, Laissez-nous oublier la distance et l'espace ; Ce jour qu'on attendait n'aura pas son pareil, Après le cauchemar laissez-nous le réveil!
Frisson qui nous émeut, clarté qui nous inonde Quelque chose de grand va passer sur le inonde !
Dans le ciel de Paris où rayonne le soir Et dans la nuit qui vient tendre son voile noir, La flamme de l'encens droite et pure s'élève Pour ceux qui n'ont pas fait la suprême relève.
Source : Gallica

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